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06 avril 2008

non à la directive de la honte

Au mois de mai 2008, un projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.
Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L'Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les sans-papiers.

Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression.
En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes.
En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.
Signez l'appel de la CIMADE aux élus européens contre la directive de la honte.

27 mars 2007

sous les plis du drapeau tricolore, on dissimule des choses...

"La nouvelle réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) conduit à une négation radicale des droits fondamentaux de la personne. Elle restreint encore plus radicalement le droit au séjour pour les familles, les conjoints, les enfants, de toutes celles et ceux qui construisent leur vie en France. Elle entérine la quasi-disparition de cet outil d’« intégration » qu’était la carte de résident. Elle s’attaque au séjour des malades étrangers.

Si ce projet est adopté, il ne fera pas bon s’aimer entre Français-e-s et étranger-e-s, vouloir vivre avec sa famille ou avoir des enfants. Pour ceux-là, la multiplication sans fin des conditions rendra l’espoir de la régularisation bien vain.

Le projet s’inscrit délibérément dans une perspective utilitariste. Le gouvernement affiche sa volonté d’aller piller les capacités et talents dans le monde. Ne sera « acceptable » que l’étranger perçu comme rentable pour l’économie française. Quant aux autres, ni leur situation personnelle, ni leur situation familiale ne leur conféreront désormais des droits, au point que les régularisations deviendront quasiment impossibles. Ce projet crée une nouvelle catégorie de travailleurs étrangers dont la durée du séjour est limitée au bon vouloir de leur patron. De plus, la suppression du droit à la délivrance d’un titre de séjour, pour les étrangers présents depuis au moins dix ans en France, les condamne à l’irrégularité perpétuelle. Le projet sélectionnera également beaucoup plus l’entrée des étudiants étrangers.

Quant aux étrangers en situation régulière, le droit de vivre en famille devient un exploit : le gouvernement prévoit de durcir les conditions du regroupement familial (ressources, logement, avis du maire sur l’« intégration » de la famille). Il jette la suspicion sur les pères étrangers d’enfants français, qui devront justifier de leur paternité.(...)"
lire le texte du projet de loi de Sarkozy
signez la pétition contre, déjà plus de 100 000 signatures.

17 mars 2007

les bons citoyens n'utilisent pas l'Internet

Pour dissuader les adolescents de giffler leur prof en filmant la scène avec des téléphones portables, le législateur a pris des mesures. Vous ne saviez pas que des mesures spécifiques fussent nécessaires, moi non plus... mais le chevalier Sarkozy y a pensé. D'après mes sources, les médias ont évoqué cinq cas de "happy slapping" en un an en France, c'est dire que l'heure est grave et qu'il fallait légiférer d'urgence.
Mais souvenez-vous, en 2005, des jeunes avaient filmé des actions peu glorieuses des forces de l'ordre hors de la présence des médias. Là est le vrai danger ! Ainsi désormais si vous êtes témoin d'une aggression alors que vous n'êtes ni policier ni journaliste et que vous témoignez de l'évenement sur Internet, vous êtes passible de 75000 euros d'amende et de cinq ans de prison. Bien vu Monsieur le Ministre-candidat ! En France comme en Iran, en Arabie Saoudite ou en Chine, Internet est un outil dangereux qui doit être soumis au contrôle de l'Etat.
Si vous pensez que cette mesure est une atteinte (de plus) à la démocratie, sachez que le conseil constitutionnel a donné son accord le 3 mars.

16 septembre 2005

criminel

Des enfants sont morts à Paris cet été dans l’incendie de leurs maisons. Selon le président de la Ligue des droits de l’homme, aucun homme politique ne s’est rendu à leur enterrement. La réponse est venue du Ministre de l’Intérieur : on expulse les squats. La ville n’entend pas les reloger car elle ne veut pas « cautionner les coups médiatiques de M. Sarkozy ». Ils sont donc à la rue. On arrête des parents sur leur lieu de travail, comme des criminels. Depuis la rentrée scolaire, on arrête des enfants dans leur classe, on les conduits au commissariat comme des otages pour piéger les parents. Ceux-ci sont alors arrêtés. On passe les menottes aux personnes arrêtées. Comme des criminels.
En France, dans nos villes, nos entreprises, des hommes, des femmes, des enfants vivent sans droits, sans protection, dans la peur et la suspicion. Traités comme des criminels. Les droits les plus élémentaires leur sont refusés. Dans l’indifférence quasi générale.