L’histoire retiendra peut-être que l’affaire avait commencé par l’initiative solitaire d’un premier ministre qui voulait faire semblant d’agir et se heurta à des opposants qui firent semblant de protester. En durant le conflit devint presque réel.
Quelle qu’en soit l’issue on peut déjà dresser un bilan. Il a réussi à unir les syndicats, requinquer l’opposition de gauche et diviser son propre camp, voilà de risibles maladresses.
Avoir ruiné une réflexion nécessaire sur les contrats de travail et conforté beaucoup de Français dans leur penchant immobiliste, est certainement beaucoup plus grave. Avoir désespéré encore un peu plus une jeunesse déjà écœurée par le manque de considération, —quelle joie y a-t-il à être une « variable d’ajustement » ?— une jeunesse déjà condamnée à vivre aux crochets de ses parents, c’est dramatique. Mais l’avoir poussée à épouser les vieux mythes nationaux : attendre son salut d’un Etat réputé protecteur et espérer un emploi à vie, c’est aujourd'hui un crime !
Ici je peux raconter ce que je veux en terminant mes phrases, une occasion rare dans la vie... Mais si vous êtes d'une autre opinion n'hésitez pas à donner votre commentaire.
30 mars 2006
19 mars 2006
lendemain de manif
Hier j'étais dans une tête de manifestation silencieuse, comme un soutien aux jeunes qui venaient derrière mais dépourvu de tout commentaire.
Vendredi dernier, fin d’après-midi. En voiture, j’écoute France Culture, voici l’ineffable Albert Jacquard. Il est en train d’expliquer que les libéraux ont tort, ce qui doit lui arriver souvent. Car, dit-il le marché n’a pas de mémoire, il ne s’intéresse qu’au présent et ne connaît pas l’avenir. Entendre que le marché ne saurait s'intéresser aux problèmes de nos petits enfants, etc... Obnubilé qu'il est, le bougre, par le profit immédiat. Je ne connais pas l’avenir et Jacquard non plus. Je devine qu’il veut dire ainsi qu’un avenir radieux ne saurait être qu’une œuvre collective réfléchie et construite politiquement. Mais lisons (pour une fois) le texte de Smith.
“ It is not from the benevolence of the butcher, the brewer or the baker that we expect our dinner, but from their regard to their own self-interest... [Every individual] intends only his own security, only his own gain. And he is in this led by an invisible hand to promote an end which was no part of his intention. By pursuing his own interest, he frequently promotes that of society more effectually than when he really intends to promote it”.
C’est bien ce que dit Smith, c’est parce qu’il ne s’intéresse qu’à ses affaires et à rien d’autres que l’individu produit un résultat qui peut-être bénéfique pour tous quand personne ne lui gonfle la tête d’idéologie vertueuse. En vérité l'avenir n'est que la résultante de décisions qui semblent aléatoires. La critique de Jacquard tombe comme une loque,seuls les esprits totalitaires pensent vraiment qu'ils peuvent forcer le destin ; ce qui ne signifie pas que les Libéraux aient raison. Notons tout de même que la sagesse populaire se méfie à juste titre des bonnes intentions dont on justifie les pires crimes. Karl Popper a démontré, il y a bien longtemps, que les buts énoncés ne peuvent être atteints. Dramatique. Dur pour les politiciens, surtout ceux, par exemple, qui promettent la bonne décision pour venir à bout du chômage et sont tout surpris de recueillir un effet pervers (adventice dirait Popper). Et pourtant ils continuent. Je gage que M. de Villepin, si son dispositif lui survit, sera surpris que les embauches de jeunes n'augmententent pas mais que celui qui a plus de vingt six ans ou qui n'a pas six mois de chômage derrière lui n'a plus aucune chance. Quant à Albert Jacquard, ce qu'il lui manque, c'est que ses amis ne soient pas au pouvoir pour lui permettre de vérifier qu'Adam Smith est certes critiquable, mais exempt, lui, de toute pensée totalitaire même inconsciente.
Vendredi dernier, fin d’après-midi. En voiture, j’écoute France Culture, voici l’ineffable Albert Jacquard. Il est en train d’expliquer que les libéraux ont tort, ce qui doit lui arriver souvent. Car, dit-il le marché n’a pas de mémoire, il ne s’intéresse qu’au présent et ne connaît pas l’avenir. Entendre que le marché ne saurait s'intéresser aux problèmes de nos petits enfants, etc... Obnubilé qu'il est, le bougre, par le profit immédiat. Je ne connais pas l’avenir et Jacquard non plus. Je devine qu’il veut dire ainsi qu’un avenir radieux ne saurait être qu’une œuvre collective réfléchie et construite politiquement. Mais lisons (pour une fois) le texte de Smith.
“ It is not from the benevolence of the butcher, the brewer or the baker that we expect our dinner, but from their regard to their own self-interest... [Every individual] intends only his own security, only his own gain. And he is in this led by an invisible hand to promote an end which was no part of his intention. By pursuing his own interest, he frequently promotes that of society more effectually than when he really intends to promote it”.
C’est bien ce que dit Smith, c’est parce qu’il ne s’intéresse qu’à ses affaires et à rien d’autres que l’individu produit un résultat qui peut-être bénéfique pour tous quand personne ne lui gonfle la tête d’idéologie vertueuse. En vérité l'avenir n'est que la résultante de décisions qui semblent aléatoires. La critique de Jacquard tombe comme une loque,seuls les esprits totalitaires pensent vraiment qu'ils peuvent forcer le destin ; ce qui ne signifie pas que les Libéraux aient raison. Notons tout de même que la sagesse populaire se méfie à juste titre des bonnes intentions dont on justifie les pires crimes. Karl Popper a démontré, il y a bien longtemps, que les buts énoncés ne peuvent être atteints. Dramatique. Dur pour les politiciens, surtout ceux, par exemple, qui promettent la bonne décision pour venir à bout du chômage et sont tout surpris de recueillir un effet pervers (adventice dirait Popper). Et pourtant ils continuent. Je gage que M. de Villepin, si son dispositif lui survit, sera surpris que les embauches de jeunes n'augmententent pas mais que celui qui a plus de vingt six ans ou qui n'a pas six mois de chômage derrière lui n'a plus aucune chance. Quant à Albert Jacquard, ce qu'il lui manque, c'est que ses amis ne soient pas au pouvoir pour lui permettre de vérifier qu'Adam Smith est certes critiquable, mais exempt, lui, de toute pensée totalitaire même inconsciente.
14 mars 2006
patriote
Un pays où l’on refuse d’accueillir ceux qui risquent leur vie pour y venir. Au motif que leur motivation est « économique », on les renvoie ; seule la persécution pour les idées est admissible dans ce pays. Un pays où la moitié des actifs travaillent directement ou indirectement pour l’Etat. Un pays où l’on supplie l’Etat d’intervenir quand une usine ferme. Un pays d’où on ne part pas, un pays où l’on ronge son frein bruyamment mais sur place. Un pays où la télé ne parle que des faits divers de « proximité » et des chanteuses de « chez nous ». Un pays où l’on ne parle pas les langues étrangères. Un pays qui s’enrhume à l’air du large. Un pays minuscule qui se croit grand et qui veut faire la leçon au reste du monde parce qu’autrefois on y a écrit les droits de l’homme. Un pays où désormais les jeunes risquent de naître vieux.
03 mars 2006
Soixantième
J’ai soixante ans. Lors de mon cinquantième anniversaire, j’avais l’impression fallacieuse d’être à la moitié de ma vie. Cette fois c’est plutôt du genre compte à rebours. Cela pousse aux bilans. Etonnant à quel point je me suis plié aux injonctions reçues dans mon jeune âge. A vrai dire toute sauf une. Par exemple : après 42 ans de conduite automobile, je n’ai toujours pas eu de contravention même pour stationnement illicite. Je ne me souviens pas d’avoir volé ou escroqué qui que ce soit. Je n’ai menti (rarement) que par souci du bien ou de ne pas blesser. On m’a fait remarquer que mon comportement très légaliste semblait contradictoire avec l’affichage de mes idées libertaires. Mais je n’ai honoré que les principes qui permettent de vivre en société. Si l’on veut ruiner le pouvoir, celui de l’Etat, comme celui de l’Eglise, de l’armée ou tout simplement des « chefs » de tout poil, et vivre au milieu des humains, il est nécessaire de respecter les règles qui rendent possible la vie collective. C’est pour cette raison que je me suis refusé systématiquement à la « vertu d’obéissance ». Pourtant dans mon enfance elle dominait tout : les enfants étaient « dressés » (on parlait ainsi) à obéir. Les parents, l’école laïque comme le catéchisme ressassaient cette obligation sans relâche. Je reste convaincu qu’elle est à l’origine de presque tous nos maux, notamment les plus atroces du vingtième siècle. Il faut refuser d’obéir.
11 février 2006
socialisé
Je me souviens d’une jeune femme de mon enfance. Veuve de guerre, elle disait à son fils turbulent : si ton père voyait cela, il serait furieux contre toi. Nous étions horrifiés par l’appel à ce père défunt. Mais j’ai connu depuis des « mères célibataires » dirent, en parlant, de leur enfant : « je n’ai que lui ». Elles développent un amour exclusif où le père et même l’homme n’a pas sa place. Ce sont elles qui m’ont fait comprendre que la première avait raison. Car enfin si vous n’êtes élevé que par un parent, vous ne connaissez que l’amour et la haine ; j’aime, je n’aime pas. J’embrasse ou je cogne. Pour apprendre à vivre en société, pour sortir de cette sauvagerie, il faut être trois : moi, ma mère et la loi. Le père est l’apprentissage de la loi, de la vie sociale. Le binaire est simpliste, la société est complexe, elle commence à trois, même si le troisième est mythique.
Pour grandir il faut "tuer" le père, non ? Pour cela, il en faut un ou quoique ce soit qui remplace.
Pour grandir il faut "tuer" le père, non ? Pour cela, il en faut un ou quoique ce soit qui remplace.
03 février 2006
caricaturé
Je suis fasciné par les miracles de la mondialisation. Le 1er février 2006 des femmes yéménites illettrées descendent spontanément dans la rue avec des pancartes en anglais pour protester contre ce qu’elles viennent de voir dans un quotidien régional danois de septembre 2005 ! Fabuleux !
Bon, en Palestine, c'est le Fatha qui manifeste, le Hamas se tait. Au Liban, ce sont les pro-syriens,en Egypte les Frères musulmans (victimes des Syriens), en Afghanistan, les amis des Talibans, en Iran un pouvoir incertain dont les affidés s'en prennent en même temps à l'autorité de contrôle nucléaire, etc, etc... C'est assez clair. La masse des Musulmans n'aiment pas ces fauteurs de trouble. Mais je le demande à mes amis musulmans : ces caricatures, est-ce le fêtu qui a brisé le dos du chameau ?
Bon, en Palestine, c'est le Fatha qui manifeste, le Hamas se tait. Au Liban, ce sont les pro-syriens,en Egypte les Frères musulmans (victimes des Syriens), en Afghanistan, les amis des Talibans, en Iran un pouvoir incertain dont les affidés s'en prennent en même temps à l'autorité de contrôle nucléaire, etc, etc... C'est assez clair. La masse des Musulmans n'aiment pas ces fauteurs de trouble. Mais je le demande à mes amis musulmans : ces caricatures, est-ce le fêtu qui a brisé le dos du chameau ?
19 janvier 2006
cultivé-e
Sarah m’a demandé ce qu’il conviendrait de faire pour être « cultivée ». A bien y réfléchir nous sommes d’accord qu’il s’agit de lire des livres…Regarder la télé, travailler pour son patron, bavarder, entrevoir des peintures au pas de charge … sont des façons différentes de nourrir le monstre. Vivre, regarder, lire et écrire suffiraient bien à tout un chacun. Rien d’autre que les livres finalement, ne pourrait nous rendre dignes de l’humanité.
Naturellement je me suis retourné vers la bibliothèque idéale de R. Queneau, élaborée dans les années cinquante après enquête. Je me souvenais du fait qu’elle comportait cent titres. J’ai été surpris de voir que je partage encore beaucoup de ses choix. Mais je me devais d’y ajouter quelques textes qui ne relèvent pas de la littérature. L’ignorance du droit, des sciences ou de l’histoire me semblerait criminelle.
Peut-être ne faut-il pas avoir tout lu, même d’une aussi courte liste mais au moins parcouru et surtout relu.
1. Shakespeare, Théâtre (surtout le Roi Lear et Songes d’une nuit d’été)
2. Conrad, Le Nègre du Narcisse
3. O'Flaherty : Insurrection
4. Montaigne, Essais
5. Rabelais, Les Cinq Livres
6. Baudelaire, Les Fleurs du Mal
7. Pascal, Pensées
8. Molière, Théâtre
9. J.-J. Rousseau, Les Confessions
10. Stendhal, Le Rouge et le Noir
11. Epicure, Lettres et Fragments
12. Stendhal, La Chartreuse de Parme
13. F. Villon, Les Testaments
14. Rimbaud, Oeuvres poétiques
15. Cardinal de Retz, Mémoires
16. Tolstoi, La Guerre et la Paix
17. Saint-Simon, Mémoires
18. Cervantes, Don Quichotte
19. Racine, Théâtre
20. Eschyle, Théâtre
21. Dostoievsky, Les Frères Karamazov
22. Mallarmé, Poèmes
23. La Fontaine, Fables
24. Goethe, Faust
25. Matthieu, Evangile
26. Flaubert, L’Éducation Sentimentale
27. Homère, L’Odyssée
28. Corneille, Théâtre
29. Dante, La Divine Comédie
30. Chateaubriand, Mémoires d’Outre-Tombe
31. Maupassant, Bel Ami
32. Alain de Botton, les consolations de la philosophie
33. James Joyce, Ulysse
34. Zweig, Le Monde d'hier : souvenirs d'un Européen
35. Swift, Les Voyages de Gulliver
36. Verlaine, Poèmes
37. Flaubert, Madame Bovary
38. Rimbaud, Une Saison en Enfer
40. Furet, Le passé d'une illusion
41. Melville, Moby Dick
42. Aristophane, Théâtre
43. Tacite, Annales et Histoires
44. Spinoza, Éthique
45. Hölderlin, Poèmes
46. Gérard de Nerval, Les Filles du Feu
47. Defoe, Robinson Crusoe
48 Fourastié, Les conditions de l’esprit scientifique
49. Lautréamont, Les Chants de Maldoror
50. Victor Hugo, Les Misérables
51. Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles
52. Musset, Comédies et Proverbes
53. Jules Renard, Journal
54 Peter Laslett, un monde que nous avons perdu
55. Dostoievsky, L’Idiot
56. Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent
57 La Boétie, Discours de la servitude volontaire
58. Voltaire, Contes
59. Balzac, les Chouans
60. Dostoievsky, Crime et Châtiment
61. Plutarque, Vie des Hommes illustres
62 Voltaire, le Siècle de Louis XIV
63. Karl Marx, Le Capital (au moins quelques extraits bien choisis)
64. Benjamin Constant, Adolphe
65. Beaumarchais, Théâtre
66. Machiavel, le Prince
67. Elie faure, Histoire de l’art
68. Lorca, Poèmes
69. Malraux, La Condition humaine
70. La Rochefoucauld, Maximes
71. La Bruyère, Les Caractères
72. Mme de Sévigné, Lettres
73 Eco, le Nom de la Rose
74. Jarry, Ubu roi
75. Valéry, Poèmes
76 Une place pour Averroès, mais je trouve l’incohérence de l’incohérence illisible
77 Kipling, Kim
78. Mérimée, Nouvelles
79. Valéry, Variété
80. Héraclite, Fragments
81. Marivaux, Théâtre
82 Bouvier, l’usage du monde
83. Kafka, Le Procès
84. Khayyam, Quatrains
85. Apollinaire, Alcools
86. André Gide, Journal
87. Andersen, Contes
88. Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires
89 Règlement international pour prévenir les abordages en mer.
90 Freud, l’Avenir d’une illusion
91. Conrad, Lord Jim
92. Montesquieu, L’esprit des Lois
93. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
94 Déclaration universelle des droits de l’homme
95 Lobo Antunes, le Cul de judas
96 Gracq, le Rivage des Syrthes
97 Meienberg, L'exécution du traître à la patrie Ernst S
98. Gogol, Les Âmes mortes
99 Levi, Si c’est un homme
100. Bernanos, Journal d’un Curé de Campagne
Naturellement je me suis retourné vers la bibliothèque idéale de R. Queneau, élaborée dans les années cinquante après enquête. Je me souvenais du fait qu’elle comportait cent titres. J’ai été surpris de voir que je partage encore beaucoup de ses choix. Mais je me devais d’y ajouter quelques textes qui ne relèvent pas de la littérature. L’ignorance du droit, des sciences ou de l’histoire me semblerait criminelle.
Peut-être ne faut-il pas avoir tout lu, même d’une aussi courte liste mais au moins parcouru et surtout relu.
1. Shakespeare, Théâtre (surtout le Roi Lear et Songes d’une nuit d’été)
2. Conrad, Le Nègre du Narcisse
3. O'Flaherty : Insurrection
4. Montaigne, Essais
5. Rabelais, Les Cinq Livres
6. Baudelaire, Les Fleurs du Mal
7. Pascal, Pensées
8. Molière, Théâtre
9. J.-J. Rousseau, Les Confessions
10. Stendhal, Le Rouge et le Noir
11. Epicure, Lettres et Fragments
12. Stendhal, La Chartreuse de Parme
13. F. Villon, Les Testaments
14. Rimbaud, Oeuvres poétiques
15. Cardinal de Retz, Mémoires
16. Tolstoi, La Guerre et la Paix
17. Saint-Simon, Mémoires
18. Cervantes, Don Quichotte
19. Racine, Théâtre
20. Eschyle, Théâtre
21. Dostoievsky, Les Frères Karamazov
22. Mallarmé, Poèmes
23. La Fontaine, Fables
24. Goethe, Faust
25. Matthieu, Evangile
26. Flaubert, L’Éducation Sentimentale
27. Homère, L’Odyssée
28. Corneille, Théâtre
29. Dante, La Divine Comédie
30. Chateaubriand, Mémoires d’Outre-Tombe
31. Maupassant, Bel Ami
32. Alain de Botton, les consolations de la philosophie
33. James Joyce, Ulysse
34. Zweig, Le Monde d'hier : souvenirs d'un Européen
35. Swift, Les Voyages de Gulliver
36. Verlaine, Poèmes
37. Flaubert, Madame Bovary
38. Rimbaud, Une Saison en Enfer
40. Furet, Le passé d'une illusion
41. Melville, Moby Dick
42. Aristophane, Théâtre
43. Tacite, Annales et Histoires
44. Spinoza, Éthique
45. Hölderlin, Poèmes
46. Gérard de Nerval, Les Filles du Feu
47. Defoe, Robinson Crusoe
48 Fourastié, Les conditions de l’esprit scientifique
49. Lautréamont, Les Chants de Maldoror
50. Victor Hugo, Les Misérables
51. Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles
52. Musset, Comédies et Proverbes
53. Jules Renard, Journal
54 Peter Laslett, un monde que nous avons perdu
55. Dostoievsky, L’Idiot
56. Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent
57 La Boétie, Discours de la servitude volontaire
58. Voltaire, Contes
59. Balzac, les Chouans
60. Dostoievsky, Crime et Châtiment
61. Plutarque, Vie des Hommes illustres
62 Voltaire, le Siècle de Louis XIV
63. Karl Marx, Le Capital (au moins quelques extraits bien choisis)
64. Benjamin Constant, Adolphe
65. Beaumarchais, Théâtre
66. Machiavel, le Prince
67. Elie faure, Histoire de l’art
68. Lorca, Poèmes
69. Malraux, La Condition humaine
70. La Rochefoucauld, Maximes
71. La Bruyère, Les Caractères
72. Mme de Sévigné, Lettres
73 Eco, le Nom de la Rose
74. Jarry, Ubu roi
75. Valéry, Poèmes
76 Une place pour Averroès, mais je trouve l’incohérence de l’incohérence illisible
77 Kipling, Kim
78. Mérimée, Nouvelles
79. Valéry, Variété
80. Héraclite, Fragments
81. Marivaux, Théâtre
82 Bouvier, l’usage du monde
83. Kafka, Le Procès
84. Khayyam, Quatrains
85. Apollinaire, Alcools
86. André Gide, Journal
87. Andersen, Contes
88. Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires
89 Règlement international pour prévenir les abordages en mer.
90 Freud, l’Avenir d’une illusion
91. Conrad, Lord Jim
92. Montesquieu, L’esprit des Lois
93. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
94 Déclaration universelle des droits de l’homme
95 Lobo Antunes, le Cul de judas
96 Gracq, le Rivage des Syrthes
97 Meienberg, L'exécution du traître à la patrie Ernst S
98. Gogol, Les Âmes mortes
99 Levi, Si c’est un homme
100. Bernanos, Journal d’un Curé de Campagne
alité
Comme la maladie des Rois me tient au lit, je lis. Jeremy Rifkin, entre autres. J'ai été frappé qu'il introduisit son chapitre sur les différences de politique étrangère entre les Etats-Unis et l'Europe par des considérations sur la peine de mort. Je pense à la reflexion qu'il voit juste : l'accepter d'un côté de l'Atlantique et faire de son abolition une condition sine qua non de l'adhésion à l'Union de l'autre est une divergence fondamentale dans la manière de voir le monde. Aujourd'hui pour maintenir la peine de mort après deux guerres mondiales et le reste, il faut être parfaitement cynique mais un homme peut l'être, pas un peuple. Reste une possibilité : être certain d'avoir raison et d'être dans son bon droit. Et voilà ce qui caractérise l'Amérique. Nous, la jeune "vieille" Europe nous n'avons plus depuis longtemps l'outrecuidance des certitudes.
12 janvier 2006
retraité
Je commence à avoir une idée de la fin. Je me souviens d’une réunion à Bruxelles la dernière année du précédent siècle. Un expert de la Banque mondiale évoquait sa vision de l’avenir à moyen terme dûment inspirée du film Soleil Vert. Si vous ne connaissez pas, imaginez une planète surchauffée et surpeuplée ou les Vieux choisissent de disparaître devant des images vidéo de la Terre qu’ils avaient connue au temps de leur jeunesse. Incidemment on apprend que leurs corps euthanasiés servent de nourriture aux vivants.
La démographie actuelle nous conduira vers des solutions radicales. Aujourd’hui une partie des Anciens est une manne économique. Il faut du monde pour les servir, les distraire, les faire voyager, les soigner… On appelle cela dans les documents politiques les « services à la personne ». Amusant car lorsque vous devenez une catégorie économique, on ne vous reconnaît plus tellement comme une personne mais plutôt comme un outil ou un agent. Il y un an ma mère mourrait, elle était devenue dans les derniers temps un corps à rentabiliser l’usage des scanners et autres coûteux bidules médicaux. Par chance les maisons de retraite comme les établissements hospitaliers font appel à un personnel fraîchement immigré qui ne baigne pas encore suffisamment dans notre système de « valeurs ». Ils considèrent, contre toute préoccupation rationnelle, que les Vieux sont des personnes. Commentaire de ma mère encore lucide à ce moment : « je n’aimais pas les Noirs (elle n’en avait pas connu…), eh bien j’ai appris ici que ce sont les meilleurs ».
Nous qui partons demain en retraite risquons d’être pour les générations futures un poids financier intolérable. Nous sommes nombreux, ce sont nos enfants qui paieront : ils sont rares. Il faut donc raisonnablement s’attendre à des « produits » qui garantiront l’avenir de nos enfants contre une disparition organisée, légalisée et encouragée politiquement. D’abord on changera les mots, on inventera une catégorie. On pourrait reprendre le très joli « économiquement faible » d’autrefois. On nous culpabilisera comme on le fait déjà pour la pollution, la canicule, la sécurité sociale, le chômage… On commencera par nous faire sentir notre inutilité dès lors qu’on aura « rééquilibré » nos pensions vers zéro. Nous comprendrons alors que nous sommes une charge intolérable et nous déciderons d’assurer l’avenir de nos petits enfants en sollicitant notre mort médicalisée. Il sera certainement intéressant pour les plus jeunes de prendre des parts dans les sociétés organisatrices de cérémonies.
Bonne année à tous !
La démographie actuelle nous conduira vers des solutions radicales. Aujourd’hui une partie des Anciens est une manne économique. Il faut du monde pour les servir, les distraire, les faire voyager, les soigner… On appelle cela dans les documents politiques les « services à la personne ». Amusant car lorsque vous devenez une catégorie économique, on ne vous reconnaît plus tellement comme une personne mais plutôt comme un outil ou un agent. Il y un an ma mère mourrait, elle était devenue dans les derniers temps un corps à rentabiliser l’usage des scanners et autres coûteux bidules médicaux. Par chance les maisons de retraite comme les établissements hospitaliers font appel à un personnel fraîchement immigré qui ne baigne pas encore suffisamment dans notre système de « valeurs ». Ils considèrent, contre toute préoccupation rationnelle, que les Vieux sont des personnes. Commentaire de ma mère encore lucide à ce moment : « je n’aimais pas les Noirs (elle n’en avait pas connu…), eh bien j’ai appris ici que ce sont les meilleurs ».
Nous qui partons demain en retraite risquons d’être pour les générations futures un poids financier intolérable. Nous sommes nombreux, ce sont nos enfants qui paieront : ils sont rares. Il faut donc raisonnablement s’attendre à des « produits » qui garantiront l’avenir de nos enfants contre une disparition organisée, légalisée et encouragée politiquement. D’abord on changera les mots, on inventera une catégorie. On pourrait reprendre le très joli « économiquement faible » d’autrefois. On nous culpabilisera comme on le fait déjà pour la pollution, la canicule, la sécurité sociale, le chômage… On commencera par nous faire sentir notre inutilité dès lors qu’on aura « rééquilibré » nos pensions vers zéro. Nous comprendrons alors que nous sommes une charge intolérable et nous déciderons d’assurer l’avenir de nos petits enfants en sollicitant notre mort médicalisée. Il sera certainement intéressant pour les plus jeunes de prendre des parts dans les sociétés organisatrices de cérémonies.
Bonne année à tous !
30 décembre 2005
fermé pour Travot
Discussion serrée en famille. Je désapprouvais qu’une rue des Sables, comme une place de Cholet d’ailleurs portât le nom de Travot, « pacificateur » de la Vendée. Entendre un sabre peuple, un massacreurde femmes et d'enfants. Telle autre déplora la place Robespierre de Vitry sur Seine. Je jurais de ne jamais habiter une rue Thiers. Quelqu’un déclara alors qu’il faut assumer notre passé. Soit. Mais pour quelles raisons politiques conjoncturelles a-t-on rayer de la carte les rues gatte bourse, des Lombards, ou aux Juifs, les chemin des loups et des basses garennes qui étaient notre mémoire collective? Si on ne sait pas mieux faire que de se chercher des « grands hommes » à géométrie morale variable, je suggère d’adopter les très démocratiques, 1ère , 2ème, 3 ème avenues…
08 décembre 2005
paillasse
M. Gilles de Robien, spécialiste bien connu de l’apprentissage de la lecture et accessoirement Ministre de l’Education Nationale n’a pas comme beaucoup de ses prédécesseurs, le goût de La grande réforme qui met les jeunes et leurs profs dans la rue. Modestement, il supprime la méthode globale d’apprentissage de la lecture dans le primaire. « J'ai décidé de la supprimer. Dès l'année prochaine, aucun élève ne pourra plus subir (sic) cet enseignement », c’est que dit-il «nous avons les preuves scientifiques que la méthode globale est nocive ». Lesquelles? Voilà en tout cas une réforme qui ne va pas coûter cher et qui sera facile à mettre en oeuvre : la méthode n’est plus utilisée depuis plusieurs années, elle est même interdite par les programmes, « la méthode globale ne doit pas être utilisée » y lit-on! Mais elle reste un épouvantail pour certains parents. On comprend l’esprit résolu et décidé du ministre qui a trouvé une cause à sa hauteur.
totalitaire
Tonitruant, le Nouvel Observateur annonce : enfin la vérité sur la colonisation ! Ce qui fait que cet article 4 sur la colonisation « positive » est monstrueux (nous en parlions sur ce blog dès le 26 mars 2005) ce n’est pas que MM. Bouteflika et Sarkozy pensent l’inverse et réciproquement, ni qu’un journal prétende détenir la vérité ou que des organisations noires déplorent les massacres coloniaux . C’est que la loi n’est pas faite pour dire ce qui est vrai ou faux. Tout simplement. La vérité est relative à l’histoire des sciences affirmait Poincaré. La vérité est un moment de l’histoire de la recherche et basta ! Que la loi ne s’en mêle pas ! Qu’on ne se serve pas de la loi pour nous dire ce que nous devons penser ! Sinon, nous acceptons le poison mortel du totalitarisme.
18 novembre 2005
encanaillé (suite)
Ne nous livrons pas au jeu facile des comparaisons anachroniques et pourtant. On vient de rééditer (assez mal) l’ouvrage de Louis Chevalier, Classes laborieuses, classes dangereuses, paru en 1958. Un livre phare lorsque j’étais étudiant en histoire à la Sorbonne dans les années soixante. Il décrit magistralement les pauvres du début du XIX° siècle et surtout la représentation qu’en avait la bourgeoisie de l’époque. Ils étaient, dans l’imaginaire bourgeois : grossiers, mal polis, asociaux, violents, bref dangereux. On méprisait leur langage, leurs ignorances, leurs croyances, leurs situations maritales, leur mode de vie…
Et face à cet océan d’incompréhension et de haine, face à ce pays auquel il veut appartenir et qui ne veut pas de lui, comme le dit Louis Chevalier, le pauvre adopte un comportement « qui correspond à l’opinion qu’on en a, à ce qu’on veut qu’il soit ». Finalement il se soumet « à cette universelle condamnation ».
Et face à cet océan d’incompréhension et de haine, face à ce pays auquel il veut appartenir et qui ne veut pas de lui, comme le dit Louis Chevalier, le pauvre adopte un comportement « qui correspond à l’opinion qu’on en a, à ce qu’on veut qu’il soit ». Finalement il se soumet « à cette universelle condamnation ».
16 novembre 2005
C'est la racaille, eh bien, j'en suis !
Avant-hier, le président de la République nous a fait un beau discours. Il a dit aux jeunes qu’ils étaient les enfants de la République et c’était la chose à dire depuis si longtemps. Je l’aurais cru plus sincère s’il l’avait dit plutôt ! Il a fait auparavant une lourde allusion à l’immigration clandestine, s’il y a un rapport, il me semble éminemment suspect. Enfin à la fin il a précisé que les actes devaient être en accord avec les paroles. Venant de Chirac chacun sait depuis des années à quoi sans tenir.
Hier le parlement a voté l’état d’urgence pour trois mois. Il n’y avait presque personne dans l’hémicycle, c’est dire que les députés croient au péril qui nous menace. Les godillots ont voté pour. Les socialistes ont mis du temps à se décider à voter contre. Les verts et les communistes pouvaient le faire sans état d’âme. Chacun connaît bien son électorat. Voilà où nous en sommes, un texte écrit pour se défendre de graves dangers est utilisé à des fins strictement électoralistes. On sait que ce texte qui permet de s’affranchir du respect des droits de l’homme a été très peu utilisé dans le passé. Je me sens d’ailleurs personnellement vexé, rétroactivement, que le gouvernement n’y ait pas eu recours en 1968.
Nous en sommes donc là. Un ministre de l’Intérieur qui prétend que nous sommes en guerre contre la « racaille » ; un Etat, incapable de remplir sa mission de rétablir l’ordre pendant presque trois semaines et un pays qui a peur de quelques gamins turbulents*.
Vous souvenez vous de cette chanson :
C'est l'homme à la face terreuse
Au corps maigre, à l'oeil de hibou,
Au bras de fer à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où
Toujours avec esprit vous raille
Se riant de votre mépris
C'est la racaille
Eh bien, j'en suis !
C'est l'enfant que la destinée,
Force à rejeter ses haillons
Quand sonne sa vingtième année
Pour entrer dans nos bataillons.
Chair à canons de la bataille
Toujours il succombe sans cris...
C'est la racaille
Eh bien, j'en suis !
Paroles et musique de J. Darcier et J.B. Clément (1871).
*Si j'en crois le juge du tribunal des enfants de Bobigny, ce sont des gosses non connus des services de police issus de familles "ordinaires" contrairement au portrait dressé par l'histrion du Ministère de l'Intérieur et des Cultes.
Hier le parlement a voté l’état d’urgence pour trois mois. Il n’y avait presque personne dans l’hémicycle, c’est dire que les députés croient au péril qui nous menace. Les godillots ont voté pour. Les socialistes ont mis du temps à se décider à voter contre. Les verts et les communistes pouvaient le faire sans état d’âme. Chacun connaît bien son électorat. Voilà où nous en sommes, un texte écrit pour se défendre de graves dangers est utilisé à des fins strictement électoralistes. On sait que ce texte qui permet de s’affranchir du respect des droits de l’homme a été très peu utilisé dans le passé. Je me sens d’ailleurs personnellement vexé, rétroactivement, que le gouvernement n’y ait pas eu recours en 1968.
Nous en sommes donc là. Un ministre de l’Intérieur qui prétend que nous sommes en guerre contre la « racaille » ; un Etat, incapable de remplir sa mission de rétablir l’ordre pendant presque trois semaines et un pays qui a peur de quelques gamins turbulents*.
Vous souvenez vous de cette chanson :
C'est l'homme à la face terreuse
Au corps maigre, à l'oeil de hibou,
Au bras de fer à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où
Toujours avec esprit vous raille
Se riant de votre mépris
C'est la racaille
Eh bien, j'en suis !
C'est l'enfant que la destinée,
Force à rejeter ses haillons
Quand sonne sa vingtième année
Pour entrer dans nos bataillons.
Chair à canons de la bataille
Toujours il succombe sans cris...
C'est la racaille
Eh bien, j'en suis !
Paroles et musique de J. Darcier et J.B. Clément (1871).
*Si j'en crois le juge du tribunal des enfants de Bobigny, ce sont des gosses non connus des services de police issus de familles "ordinaires" contrairement au portrait dressé par l'histrion du Ministère de l'Intérieur et des Cultes.
03 novembre 2005
accéléré
A JPMY et aux autres j’offre ces lignes de Milan Kundera : « la façon dont on raconte l’histoire contemporaine ressemble à un grand concert où l’on présenterait d’affilée les cent trente-huit opus de Beethoven mais en jouant seulement les six premières mesures de chacun d’eux. Si on refaisait le même concert dans dix ans, on ne jouerait, de chaque pièce, que la seule première note, donc cent trente-huit notes pendant tous le concert, présentées comme une seule mélodie. ».
In la Lenteur, Paris 1995, Gallimard folio, p.112
In la Lenteur, Paris 1995, Gallimard folio, p.112
01 novembre 2005
mobilisé
En novembre 2005, la ville de La Roche-sur-Yon (municipalité d'opposition) lance une "nouvelle campagne d’effarouchement des étourneaux" avec comme nouveauté la participation des habitants. Le slogan, hautement politique, que l'on lit sur les panneaux d'affichage dans toute la ville est donc "Mobilisons-nous tous !".
30 octobre 2005
provincial
Impressions d’un bref séjour en Vendée. Dans les magasins, les clientes rangent leurs petites affaires avant de fouiller leur sac pour retrouver leur petite monnaie. C’est horripilant. Mais les caissières soufflent entre chaque passage. Les conducteurs roulent parfois moins vite qu’à Paris. En général ils s’arrêtent avant les passages protégés si vous faites mine de vouloir traverser la chaussée. Cela donne une ambiance courtoise à laquelle les Parisiens doivent finir par se plier. France 3 diffuse des nouvelles locales gaies et pas seulement des meurtres. Mais curieusement on entend dire par les personnes interrogées que « les rappeurs développent de la citoyenneté grâce aux cultures urbaines » ou que les « chasseurs régulent la gestion de la ressource », un agriculteur a dit "au niveau du problème de la fête". Tous parlent comme des demandes de subventions. Attention Paris se rapproche dangereusement...
17 octobre 2005
proche
Ce matin nous avons été gâté par France Info, en effet, commentant la campagne de la sécurité routière, le journaliste annonça d'un air pénétré que "les 3/4 des accidents de la route se produisent près du domicile". C’est un vrai plaisir de vivre dans un pays où les journalistes sont intelligents.
04 octobre 2005
erroné
Dans un de mes livres de classe, il y avait une représentation d’une fleur vue par une mouche : noire et blanche, bidimensionnelle, réduite à l’essentiel. Mais ce n’était en rien la vue dégradée de la mouche, seulement l’écart avec la notre. Notre cerveau comme celui de l’insecte nous donne à voir une certaine vision utilitaire du monde. Je fus aussi toujours frappé par le fait que le monde semblait s’écrire en langage mathématique, pure création humaine. Mais quoi de plus normal dès lors que nous sommes prisonnier de notre propre cerveau. La physique n’est pas la réalité du monde mais la façon dont le pensons.
Je ne suis qu’à moitié rassuré de savoir que d’éminents physiciens réunis cette été à Konstanz partagent cette idée et expliquent ainsi que la physique quantique dans ses curiosités nous parle de notre traitement de l’information. Je vous recommande de suivre Alexei Grinbaum, ce jeune génie russe pense que la mécanique quantique est une théorie de la connaissance (cf.son CV).
Je ne suis qu’à moitié rassuré de savoir que d’éminents physiciens réunis cette été à Konstanz partagent cette idée et expliquent ainsi que la physique quantique dans ses curiosités nous parle de notre traitement de l’information. Je vous recommande de suivre Alexei Grinbaum, ce jeune génie russe pense que la mécanique quantique est une théorie de la connaissance (cf.son CV).
02 octobre 2005
charlatan
On sait désormais que les médicaments homéopathiques, au bout du compte, ne se comportent pas mieux que les placebos. C’est dans un article de The Lancet : Shang A, Huwiler-Müntener K, Nartey L, Jüni P, Dörig S, Sterne JA, Pewsner D, Egger M
Are the clinical effects of homoeopathy placebo effects? Comparative study of placebo-controlled trials of homoeopathy and allopathy
The Lancet - Vol. 366, Issue 9487, 27 August 2005, Pages 726-732
Les chercheurs ont analysé plus de 200 essais cliniques évaluant des médicaments homéopathiques effectués selon la méthode dite du « double aveugle contre placebo ». Certes la majorité des études indiquait un effet plus important du traitement que du placebo, en homéopathie comme en allopathie, d'ailleurs. Mais c'étaient les protocoles à faible effectif qui montraient les effets les plus forts. Cet effet s'affaiblissait lorsque l'effectif montait. Surtout, c'est là le point le plus important, avec l'homéopathie, les essais à fort effectif avaient un effet tendant vers zéro, alors que cet effet restait bien perceptible pour les médicaments allopathiques. Ce qui est normal puisque les médicaments homéopathiques ne contiennent pas plus de substance que le placebo ! On pourrait espérer que cela démontrera une bonne foi pour toute, l'absence d'efficacité clinique des médicaments homéopathiques. Je crains qu’il n’en soit rien, les religions ont la vie dure.
Are the clinical effects of homoeopathy placebo effects? Comparative study of placebo-controlled trials of homoeopathy and allopathy
The Lancet - Vol. 366, Issue 9487, 27 August 2005, Pages 726-732
Les chercheurs ont analysé plus de 200 essais cliniques évaluant des médicaments homéopathiques effectués selon la méthode dite du « double aveugle contre placebo ». Certes la majorité des études indiquait un effet plus important du traitement que du placebo, en homéopathie comme en allopathie, d'ailleurs. Mais c'étaient les protocoles à faible effectif qui montraient les effets les plus forts. Cet effet s'affaiblissait lorsque l'effectif montait. Surtout, c'est là le point le plus important, avec l'homéopathie, les essais à fort effectif avaient un effet tendant vers zéro, alors que cet effet restait bien perceptible pour les médicaments allopathiques. Ce qui est normal puisque les médicaments homéopathiques ne contiennent pas plus de substance que le placebo ! On pourrait espérer que cela démontrera une bonne foi pour toute, l'absence d'efficacité clinique des médicaments homéopathiques. Je crains qu’il n’en soit rien, les religions ont la vie dure.
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