J'ai eu quelque peine à croire ce que disait Eric Le Boucher dans son billet du journal Le Monde daté du 25 janvier et c'est pourtant exact. La France est représentée politiquement à Davos par J.F. Copé et Christine Lagarde, seuls. J'ajouterai à ce qu'il écrit que les entreprises françaises sont au nombre de 10 dont 3 seulement ne dépendent pas de l'Etat. Par ailleurs aucune entreprise française ne fait partie de la longue liste des membres partenaires. Évidemment on n'annonce aucun candidat à la présidentielle susceptible de se compromettre dans ce genre de lieu : le libéralisme est contagieux, la mondialisation aussi. Personne au monde, vous m'entendez personne au monde, n'a de conseil à nous donner sur quoique ce soit.
Pour savoir qui participe : http://www.weforum.org/en/index.htm
Ici je peux raconter ce que je veux en terminant mes phrases, une occasion rare dans la vie... Mais si vous êtes d'une autre opinion n'hésitez pas à donner votre commentaire.
26 janvier 2007
25 janvier 2007
confusion immorale
Qu'est ce qu'on gagne à confondre "libéralisme" et "capitalisme" ? Pourquoi le Parti Communiste ou le Medef font-ils la même confusion de langage ? Pourquoi la France est-elle le seul pays où "libéral" soit une injure ? Eh bien les uns réclament plus de subventions ou d'exonération, les autres plus de "service public", plus de personnel à statut ...Les libertés, ils s'en foutent, mais de l'argent de l'Etat, non. Bref en fin de compte on y gagne toujours plus de dépenses étatiques, donc plus de pression fiscale sur le contribuable et plus de décisions qui échappent au citoyen.
Un rapport officiel vient de montrer que les aides aux entreprises s'élèvent à 65 milliards d'euro,le quart du budget de l'Etat ! Plus que ne rapporte l'impôt sur le revenu (58 milliards). Quant aux dépenses de personnel, elles s'élèvent à 118 milliards, soit 45% des dépenses de l'Etat. Le libéralisme, ce n'est pas pour demain.
Un rapport officiel vient de montrer que les aides aux entreprises s'élèvent à 65 milliards d'euro,le quart du budget de l'Etat ! Plus que ne rapporte l'impôt sur le revenu (58 milliards). Quant aux dépenses de personnel, elles s'élèvent à 118 milliards, soit 45% des dépenses de l'Etat. Le libéralisme, ce n'est pas pour demain.
24 janvier 2007
transporté
Dany et moi avons essayé vendredi le nouveau tramway T3. Lent mais remarquable de confort. A cette occasion nous nous sommes, comme vous peut-être interrogé sur la fin du réseau de tramways dans Paris, car enfin beaucoup de ville ont gardé au moins les rails. En fait le réseau a atteint son apogée. Dès 1929, le conseil municipal vota la suppression des trams. Certes il coûtait moins cher de prolonger les lignes d'autobus mais surtout les trams "étaient un obstacle à l'écoulement des véhicules". Nous avons entendu cela depuis. Le dernier a roulé le 15 mars 1937, les reporters qui couvrirent l'évènement parlèrent de modernité. On mit longtemps à arracher les rails réputés "dangereux pour la circulation".Il s'agissait donc d'être moderne, cela nous a valu bien d'autres désagréments.
23 janvier 2007
lucide
Après quelques échanges de mails familiaux, il me vient à l'esprit qu'il est impossible d'être lucide dès que l'on se sent coupable de quelque chose. Dans la pratique du yoga on comprend bien que la lucidité n'est d'une attention délibérée aux choses les plus insignifiantes. Par exemple sentir la touche de mes doigts sur le clavier de cet ordinateur. Que puis-je faire d'autre que de m'efforcer d'être présent au monde pour ne pas me sentir coupable d'y être né ?
22 janvier 2007
équilibre
Je ne voudrais pas que l'on pensât que je maltraite spécialement Madame Royal, aussi dédié-je cette brève à Monsieur Sarkozy et peut-être plus finement à Monsieur Hulot.
"Un mammifère carnivore ne peut espérer atteindre une taille éléphantesque. Le rapport entre sa consommation et ses dépenses d’énergie limite sa masse, expliquent des chercheurs. Si les mammifères carnivores ne détiennent pas les records de taille et de poids sur Terre, c’est qu’au-delà d’une certain seuil l’animal ne pourrait plus équilibrer ses apports et ses dépenses énergétiques, selon un nouveau modèle développé par trois chercheurs de la Société de Zoologie de Londres (GB). "
source : nouveau Zob
"Un mammifère carnivore ne peut espérer atteindre une taille éléphantesque. Le rapport entre sa consommation et ses dépenses d’énergie limite sa masse, expliquent des chercheurs. Si les mammifères carnivores ne détiennent pas les records de taille et de poids sur Terre, c’est qu’au-delà d’une certain seuil l’animal ne pourrait plus équilibrer ses apports et ses dépenses énergétiques, selon un nouveau modèle développé par trois chercheurs de la Société de Zoologie de Londres (GB). "
source : nouveau Zob
21 janvier 2007
spiritualité
Quand Madame Royal affirme qu'on peut faire preuve de "spiritualité mais sans dénigrer"... elle ne s'adresse pas à quelque ayatollah mais à Arnaud de Montebourg. cf LCI
Elle fatigue beaucoup.
Elle fatigue beaucoup.
20 janvier 2007
manipulation
Je reviens sur mon propos (contesté) du 5 décembre qui proposait d'en finir avec l'élection du président de la République au suffrage universel. Si vous avez eu la chance de voir hier l'excellente fiction (?) "poison d'avril" sur Arte, vous vous rapprocherez peut-être de mon point de vue. Si l'on en croit en effet,l'hypothèse du film, et elle est bien argumentée : Chirac, certain de perdre au deuxième tour contre Jospin a manoeuvré avec la télé pour que Le pen obtienne les quelques points nécessaires pour être présent au second tour... et assurer ainsi la réélection à coup sûr de Maître Jacques. A vrai dire je m'en doutais vaguement mais je n'avais jamais fait le lien entre tous les éléments, cela m'évitait de me sentir un peu cocu d'avoir défilé dans la rue entre les deux tours. Mais c'est du grand art et la démonstration de l'absurdité de la procédure.
18 janvier 2007
justes
"Ecoutez ceci, les Anciens,
Prêtez tous l'oreille, habitants du pays !
Est-il de votre temps survenu rien de tel,
ou du temps de vos pères ?
Racontez-le à vos fils,
Et vos fils à leurs fils,
Et leurs fils à la génération qui suivra."
Joël(I, 1-3)
le 29 août 1943, les allemands avaient prévu de rafler et de déporter les quelque 8 000 Juifs résidant au Danemark.
L'arrestation de tous les Juifs danois était prévue pour la nuit du 1er au 2 octobre 1943. Mais les Danois, informés, purent cacher la quasi-intégralité de la communauté juive. La police danoise refusa les perquisitions, les Allemands ne purent qu’entrer chez les Juifs qui ouvrirent leur porte. L'Eglise catholique danoise condamna, le 3 octobre, publiquement, par une lettre pastorale lue en chaire dans toutes les paroisses du pays, la politique antisémite nazie, recommandant de venir en aide aux juifs. La Suède promit d'accueillir les Juifs cachés. Une vaste expédition permit d'envoyer 6 800 personnes par mer dans ce pays, les bateaux de pêche, les voiliers ou les ferries furent utilisés. La Wehrmacht ne manifesta aucun enthousiasme pour remplacer les forces insuffisantes de la Gestapo sur place. Leur action était difficile car la quasi-totalité de la population danoise (y compris les fonctionnaires sans ordre ni concertation) était solidaire des juifs. 450 personnes furent déportées à Theresienstadt où 51 moururent.
L'attaché commercial allemand Georg Ferdinand Duckwitz, averti le 28 septembre de la rafle par son supérieur le SS Werner Best, prévint Hans Hedtoft, président du parti social-démocrate qui transmit aussitôt l'information à la Résistance danoise et à des représentants de la communauté juive. Il a été reconnu Juste parmi les Nations.
Prêtez tous l'oreille, habitants du pays !
Est-il de votre temps survenu rien de tel,
ou du temps de vos pères ?
Racontez-le à vos fils,
Et vos fils à leurs fils,
Et leurs fils à la génération qui suivra."
Joël(I, 1-3)
le 29 août 1943, les allemands avaient prévu de rafler et de déporter les quelque 8 000 Juifs résidant au Danemark.
L'arrestation de tous les Juifs danois était prévue pour la nuit du 1er au 2 octobre 1943. Mais les Danois, informés, purent cacher la quasi-intégralité de la communauté juive. La police danoise refusa les perquisitions, les Allemands ne purent qu’entrer chez les Juifs qui ouvrirent leur porte. L'Eglise catholique danoise condamna, le 3 octobre, publiquement, par une lettre pastorale lue en chaire dans toutes les paroisses du pays, la politique antisémite nazie, recommandant de venir en aide aux juifs. La Suède promit d'accueillir les Juifs cachés. Une vaste expédition permit d'envoyer 6 800 personnes par mer dans ce pays, les bateaux de pêche, les voiliers ou les ferries furent utilisés. La Wehrmacht ne manifesta aucun enthousiasme pour remplacer les forces insuffisantes de la Gestapo sur place. Leur action était difficile car la quasi-totalité de la population danoise (y compris les fonctionnaires sans ordre ni concertation) était solidaire des juifs. 450 personnes furent déportées à Theresienstadt où 51 moururent.
L'attaché commercial allemand Georg Ferdinand Duckwitz, averti le 28 septembre de la rafle par son supérieur le SS Werner Best, prévint Hans Hedtoft, président du parti social-démocrate qui transmit aussitôt l'information à la Résistance danoise et à des représentants de la communauté juive. Il a été reconnu Juste parmi les Nations.
17 janvier 2007
un petit air ancien
J'ai enregistré un peu de musique à écouter en ouvrant le "profil" à droite. Qui saurait reconaître cet air ?
16 janvier 2007
Les voyages donnent à réfléchir
Si j'ai bien compris, M. de Robien écoutant comme à son habitude la frange la plus réactionnaire des tenants de l'Instruction avait décidé de s'en prendre au bastion de la pédagogie : les IUFM. En effet la fine fleur des défenseurs de l'Instruction, façon 14-18 pense que la pédagogie est une pratique erronée, nauséabonde et dangereuse, même "de gauche" pour certains. Encore que ces dinausores puissent se rencontrer dans les partis politiques dits "de gauche". Car ces gens sont légion. Quand je travaillais à l'Ecole d'Ingénieur du Cesi, j'ai organisé une formation des formateurs comprennant un zeste de pédagogie. L'une des directeures m'a fait savoir vertement que "la pédagogie, c'est de la merde". Bref M. de Robien avait trouvé l'astuce : puisque la pédagogie est néfaste, nous changerons le statut des IUFM en les faisant rentrer dans l'université et on en profitera pour les aligner sur la seule valeur qui compte : les savoirs académiques (antérieurs à 14-18). Dans son entourage, il y eut quelques esprits rationnels, peut-être effrayés secretement par la nullité des propos de leur ministre sur la lecture, pour suggérer une tournée des pays voisins. Benchmarking, comme on dit. Et là M. de Robien eut la surprise de constater que partout on considérait la pédagogie comme aussi nécessaire au professeur que la pratique du rabot pour le menuisier. Prudent, il a donc décidé de changer le flacon mais pas le contenu. Déjà les réactionnaires crient à la trahison !
15 janvier 2007
le communisme était soluble dans l'alcool et le chiracisme dans la connerie
Pardonnez-moi de coller aussi dangereusement à l'actualité. Ma blague du jour est une vieille histoire soviétique: "Nicolas Sarkozy, candidat unique de l'UMP a été élu par 98.1 % des voix". Il n'y a plus aucune place pour les humoristes en France, les politiques s'en chargent.
14 janvier 2007
démagogue
Bon, c'est confirmé : Buffet, Besancenot et Le Pen sont pour des amnisties d'automobilistes.
"Environ 820 morts, c’est le bilan sur la route à cause de l’amnistie présidentielle dans les mois qui ont précédé les trois dernières élections présidentielles, selon une étude menée par Régis Bourdonnais et Thierry Granger, deux enseignants de l’université Paris-Dauphine. Les automobilistes anticipent une faveur présidentielle et sont donc moins prudents.
«L’étude indique le nombre de morts sur les routes en plus, par rapport aux années normales, entre le moment où un magazine automobile écrit un article du style Faut-il encore payer ses PV? et l’élection », explique Claude Got, spécialiste de la sécurité routière.
Et il détaille :
* Pour la réelection de François Mitterrand en 1988, l’article sort en novembre 1987. Nombre de tués supplémentaires : 340.
* Pour l'election de Jacques Chirac en 1995, l’article sort en septembre 1994. Nombre de tués supplémentaires : 240.
* Pour 2002, l’article sort en mars 2001. Nombre de tués supplémentaire : 240."
Eviter tout relâchement
«Il suffit d’un relâchement minime dans le comportement des automobilistes pour faire 300 tués de plus», rappelle le spécialiste d'accidentologie. Les statistiques montrent qu'une augmentation de seulement 1% de la vitesse moyenne fait 4% de tués en plus.
source : Aurélie Blondel
"Environ 820 morts, c’est le bilan sur la route à cause de l’amnistie présidentielle dans les mois qui ont précédé les trois dernières élections présidentielles, selon une étude menée par Régis Bourdonnais et Thierry Granger, deux enseignants de l’université Paris-Dauphine. Les automobilistes anticipent une faveur présidentielle et sont donc moins prudents.
«L’étude indique le nombre de morts sur les routes en plus, par rapport aux années normales, entre le moment où un magazine automobile écrit un article du style Faut-il encore payer ses PV? et l’élection », explique Claude Got, spécialiste de la sécurité routière.
Et il détaille :
* Pour la réelection de François Mitterrand en 1988, l’article sort en novembre 1987. Nombre de tués supplémentaires : 340.
* Pour l'election de Jacques Chirac en 1995, l’article sort en septembre 1994. Nombre de tués supplémentaires : 240.
* Pour 2002, l’article sort en mars 2001. Nombre de tués supplémentaire : 240."
Eviter tout relâchement
«Il suffit d’un relâchement minime dans le comportement des automobilistes pour faire 300 tués de plus», rappelle le spécialiste d'accidentologie. Les statistiques montrent qu'une augmentation de seulement 1% de la vitesse moyenne fait 4% de tués en plus.
source : Aurélie Blondel
13 janvier 2007
brave heart, by Jove !
La "bravitude" de Mme Royal n'est ni un lapsus, ni un néologisme mais au mieux un signe de fatigue, peut-être une astuce de communication (navrante dans ce cas) au pis un barbarisme. Comme disait Camus ne pas employer le mot juste c'est ajouter aux malheurs du monde.
12 janvier 2007
encodé
Vu hier soir à la télé : le mouton enragé. Un film épatant. On y raconte une histoire que vous connaissez peut-être. Deux autruches femelles sont poursuivies par deux autruches mâles. Or ces dernières courent plus vite. Voyant qu'elles perdent du terrain les deux femelles décident de se cacher. A la manière des autruches : la tête dans le sable. C'est alors que l'un des mâles s'arrête et dit à l'autre : elles ont disparu. Dans le film, la question est de savoir si c'est drôle ou pas. Mon opinion est que toute notre difficulté à percevoir la réalité, alors que celle-ci est donnée, là devant nos yeux, vient de ce que nous connaissons tellement bien les codes que nous ne voyons plus rien. Nous passons notre vie entière à apprendre des codes pour masquer la crudité du réel. Et ceci est aussi bien vrai des sciences que de la vie quotidienne.
11 janvier 2007
démagogues
Pouvez-vous m'aider à vérifier que cette information de France 2 est exacte ? Le Pen, Besancenot et Buffet se seraient prononcés pour l'amnistie des délits routiers... C'est un critère de classement des candidats qui en vaut d'autres, non ?
10 janvier 2007
consumérisme
Je vais juste vous faire part d'une reflexion à propos d'un changement de portail. Le vendeur me dit c'est du "red cedar", ah ! Qu'est-ce qui le prouve ? C'est écrit dessus. Origine ? Sait pas ? Quand a-til été coupé (très important) : sait pas ! Comment a-t-il été séché ? Sait pas. A Noêl, j'ai acheté une pintade, j'en savais dix fois plus. Et cela valait cent fois moins. On me parlera de santé, mais la façon dont on exploite le red cedar a des conséquences sur les polulations locales. Et puis le précédent portail a pourri... Allez les consommateurs encore un petit effort pour la clarté.
06 janvier 2007
01 janvier 2007
bonne année
Hier le vent soufflait à près de 100 Km/h, nous avons réveilloné sur le bateau...au port ! Heureuse année à tous !
31 décembre 2006
un reveillon de mortels
Qu'est-ce qui différencie l'homme de l'animal ? Il est "doué" de raison, mais s'en sert peu...Et il est capable de trucider son prochain ou de l'embrasser à peu près pour les mêmes raisons. Pour se faire une opinion définitive sur l'humanité, je recommande de lire les 74 pages des Naufragés du Batavia de Simon Leys, histoire vraie, éditions du Seuil.
28 décembre 2006
27 décembre 2006
26 décembre 2006
fourbe
Si Hoche a vraiment demandé aux Emigrés de Quiberon de se rendre pour avoir la vie sauve et les a fait fusiller ensuite, c'est un salaud. Mais il n'est pas certain que les choses se soient passées ainsi, car nous ne sommes, avec la Révolution française, que dans les débuts du totalitarisme moderne. Durant des siècles, sur ce coin de la planète, nous sommes peu à peu sortis de la barbarie grâce à deux piliers de la civilisation : le premier étant le respect de la parole donnée, ou si l'on veut le sens de l'honneur. Le second étant la version "Sermon sur la Montagne" du Christianisme (et non l'Inquisition), à savoir la compassion pour ceux qui souffrent, les pauvres, les perdants... La Révolution nous a légué pour en finir avec ces mièvreries, le sens de l'Etat : protecteur des pauvres et des faibles(on les enferme), égalitariste (sauf pour ses commis !) et garant de la légalité. Est désormais juste ce que l'Etat entérine. Finis le sens de l'honneur et de la parole donnée ! La première guerre mondiale permettra de pousser la logique jusqu'au bout, on ira jusqu'à transformer définitivement les hommes en "ressource humaine" donc consommable, et la fourberie en stratégie géniale. Pas surprenant que nous en soyons arrivé à "tout ce qui n'est pas interdit est autorisé" !
25 décembre 2006
Solde de tout conte (de Noël)
Je n'ai pas encore pu vérifier totalement cette information.
Dans le magasin Carrefour d'Ivry-sur-Seine, juste à côté de chez moi, travaillait un SDF qui devait être logé ces tous prochains jours grace à l'action de ses collègues. La direction, toutefois lui reprochait d'être parfois en retard le matin. En guise de cadeau de Noêl, elle l'a licencié. Aujourd'hui 24 décembre, les salariés du magasin tentaient de mobiliser les clients sur le sort de cet homme. Paix sur terre aux hommes de bonne volonté !
Dans le magasin Carrefour d'Ivry-sur-Seine, juste à côté de chez moi, travaillait un SDF qui devait être logé ces tous prochains jours grace à l'action de ses collègues. La direction, toutefois lui reprochait d'être parfois en retard le matin. En guise de cadeau de Noêl, elle l'a licencié. Aujourd'hui 24 décembre, les salariés du magasin tentaient de mobiliser les clients sur le sort de cet homme. Paix sur terre aux hommes de bonne volonté !
24 décembre 2006
Joyeux Noël aux gens de bonne volonté
Jeudi matin, un collégien est, selon quelques médias, roué de coups par des camarades. Il décédera quelques heures plus tard. C’est alors que les responsables politiques et syndicaux commencent à s’emparer de l’affaire, chacun s’efforçant de jeter de l’huile sur le feu. Dès jeudi soir, selon le journal Le Monde qui décrit un « emballement politique », le PS "exprime son inquiétude face à une montée endémique de la violence, dont la gravité n'a pas été prise en considération et qui n'entraîne pas à ce jour la mobilisation générale indispensable". Une responsable du SNES-FSU déplore que les enseignants du collège concerné n'aient pas obtenu les "moyens supplémentaires" qu'ils demandaient. Le président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, assure que le décès de Carl témoigne d'"un gros problème de vigilance et d'encadrement". Le vendredi matin, la FCPE exprime son refus que « la sécurité des enfants soit sacrifiée par des économies de bout de chandelle ». En déplacement en Namibie, Gilles de Robien, ministre de l’Education nationale fait savoir qu'il prône la "tolérance zéro qui doit s'appliquer contre toutes les formes de violence, y compris verbale". Jean-Marie Le Pen, assure lui que le décès du collégien "doit faire prendre conscience aux Français de la gravité de la situation et de l'impéritie des gouvernants". Ségolène Royal, affirme que, "lorsqu'il y a un drame aussi atroce, il faut clairement et fermement redire les choses" : "Il faut renforcer la présence adulte, dans les collèges ».François Bayrou, enfin, qui à l’heure où il parle sait sans doute la vérité déclare «en fait, il est mort de peur, sous les coups qui le frappaient".
La vérité pour la connaître, il fallait attendre les résultats de l’enquête qui ne fut pas longue. Il y a eu une bagarre banale, comme il y en a chaque jour dans chaque collège et un enfant qui présentait une malformation cardiaque grave en est malheureusement décédé. Les deux autres enfants sont « traumatisés » selon le procureur. Quel besoin avons-nous d’être dirigé par des histrions gouvernés par leurs émotions, aptes à se saisir de n’importe quel fait divers pour aller titiller nos angoisses ? N’ont-ils pas de nerfs ? Ou bien ne connaissent-ils que la manipulation ?
source
La vérité pour la connaître, il fallait attendre les résultats de l’enquête qui ne fut pas longue. Il y a eu une bagarre banale, comme il y en a chaque jour dans chaque collège et un enfant qui présentait une malformation cardiaque grave en est malheureusement décédé. Les deux autres enfants sont « traumatisés » selon le procureur. Quel besoin avons-nous d’être dirigé par des histrions gouvernés par leurs émotions, aptes à se saisir de n’importe quel fait divers pour aller titiller nos angoisses ? N’ont-ils pas de nerfs ? Ou bien ne connaissent-ils que la manipulation ?
source
23 décembre 2006
banquise
Hier j'ai regardé sur France 3 les fantastiques images de Franck Hurley, le cameraman de l'expédition polaire de Shackleton (1914-1917). Aujourd'hui j'ai adopté un petit manchot esseulé. Vous pouvez lui donner un poisson. Rien d'autre à signaler.
22 décembre 2006
prometteur
Le candidat Nicolas Sarkozy, a promis le 18 décembre que plus aucun SDF ne serait obligé de dormir "sur les trottoirs et d'y mourir de froid (...) d'ici à deux ans", s'il était élu en 2007. Ce type a une telle volonté d’agir que si j’étais Jacques Chirac, au lieu d’attendre les échéances électorales, je le nommerais illico ministre de l’Intérieur
21 décembre 2006
salauds
Les BASM (bombes à sous-munitions) sont une invention des cerveaux délirants des chercheurs d'armement. Elles tuent plus après la fin des combats que pendant et sont donc destinées essentiellement à hacher menu des civils (98% des victimes) tout spécialement des enfants. Hier soir au journal de France 2, un militaire français en mission de déminage au Liban dénonçait la non-réponse des Israéliens à la demande de carte des BASM dispersés par leur aviation. Il avait bien raison. Ce que le journal télévisé n'évoquait pas, c'est la position du gouvernement français concernant ce type d'arme. Handicap International "déplore les conclusions du rapport sur les BASM (bombes à sous-munitions), voté le 13 décembre dernier par la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat. Loin de toute perspective d’interdiction, ce texte appelle à une simple application du droit international humanitaire existant, laquelle, couplée à une réflexion sur l’encadrement de l’usage de ces armes et à des mesures d’amélioration technique, suffirait selon ses auteurs à répondre aux dangers posés par les bombes à sous-munitions".
Alors même qu'il existe une initiative d'interdiction lancée par la Norvège et signée de 25 pays, le rapport du Sénat encourage le gouvernement à camper sur ses positions.
Alors même qu'il existe une initiative d'interdiction lancée par la Norvège et signée de 25 pays, le rapport du Sénat encourage le gouvernement à camper sur ses positions.
20 décembre 2006
banlieusard
En mettant en vente ma maison de Vitry sur Seine je pensais naïvement attirer des familles parisiennes et en fait pratiquement seuls ceux qui avaient une relation avec cette ville et la connaissaient ont répondu. Comme quoi, la banlieue est toujours pour les autres ce paillasson où l'on s'essuie les pieds avant d'entrer dans Paris dont parlait Céline. Ou encore ce dépotoir où la "ville lumière" impose ses déchets, ses morts, ses usines et ses pauvres. Une ville de 80 000 habitants, pourtant dotée du plus moderne musée d'Art contemporain d'Europe à 4 Km de la capitale reste dans l'imaginaire un "non-lieu" connu seulement pour quelques faits divers sordides. Il est vrai que tant que les décideurs de tous poils et les journalistes ne franchiront pas la muraille du périphérique autrement qu'en hélicoptère, les 3/4 de la population vivront dans cette zone grise et indifférenciée. Au moins le peuple qui les invite chaque soir à sa table n'a-t-il pas à les supporter physiquement.
19 décembre 2006
journaleux
Je suis heureux qu'on parle de fiscalité dans la campagne électorale, voilà enfin un sujet sérieux où l'on pourrait percevoir quelques différences significatives entre les prétendant-e-s. Mais quelle ne fut pas ma surprise de lire le titre de la une du Monde daté du 19 décembre : "nous reviendrons sur toutes les baisses d'impôt" y déclare froidement M. François Hollande. Quelques lignes plus bas, on découvre la citation exacte : "nous reviendrons sur toutes les baisses d'impôt qui ont été accordées sur les tranches supérieures du barème". Je n'ai pas de sympathie particulière pour M. Hollande mais là je trouve qu'il est victime d'une manipulation.
18 décembre 2006
fainéant
Je viens de lire à plusieurs reprises sur le Net une "citation" de Virgile. Tantôt elle dit "on se lasse de tout sauf d'apprendre", tantôt "de comprendre" ce qui n'est pas la même chose, même en latin. J'ai recherché sur Google sur une centaine de pages consultées, aucune ne mentionne la source. Ceci me semble assez typique. Merci à qui me dira si cette phrase est bien de Virgile, preuve à l'appui.
17 décembre 2006
16 décembre 2006
innocence
Donc, Seznec restera désormais à jamais coupable qu’il ait ou non commis le crime. La présomption de culpabilité l’emporte encore une fois sur la présomption d’innocence. Car enfin avec l’absence de preuves et la confirmation des manipulations policières, il n’aurait jamais du être condamné. Mais nous avons une culture tenace et aux racines lointaines qui veut que tout « inculpé » soit réputé coupable jusqu’à la preuve de son innocence. Durant des siècles, alors que nos voisins disposaient déjà de l’habeas corpus, en France être appréhendé conduisait en principe à la torture pour obtenir vos aveux, ce qui était donc fréquent. Nous continuons d’ailleurs à priser l’aveu au détriment de la preuve à l’inverse de nos amis Anglais qui n’en tiennent pas compte. Je dois cet éclairage à la lecture d’un merveilleux petit Que-sais-je sur le droit anglais de Xavier Blanc-Jouvan et René David.
L’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ce monument de la civilisation, prévoit que «toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public », mais l’obligation de respecter ce texte par notre justice nationale n’est que morale. En revanche le deuxième alinéa de l’article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de 1950 qui prévoit que « toute personne accusée d'une infraction est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établi » a déjà valu à la France plusieurs condamnations. Le texte de la Déclaration de 1789 étant très insuffisant, rappelez-vous : « Article 9 - Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable (…) », l’arbitraire peut y trouver son compte et la Constitution ignorant l’innocence, je me suis tourné vers le texte le plus récent. Je suis frappé par la lecture de la loi du 15 juin 2000. Elle est réputée « renforcer » la protection de la présomption d’innocence. Et donc non pas de l’établir comme principe absolu !
L’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ce monument de la civilisation, prévoit que «toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public », mais l’obligation de respecter ce texte par notre justice nationale n’est que morale. En revanche le deuxième alinéa de l’article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de 1950 qui prévoit que « toute personne accusée d'une infraction est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établi » a déjà valu à la France plusieurs condamnations. Le texte de la Déclaration de 1789 étant très insuffisant, rappelez-vous : « Article 9 - Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable (…) », l’arbitraire peut y trouver son compte et la Constitution ignorant l’innocence, je me suis tourné vers le texte le plus récent. Je suis frappé par la lecture de la loi du 15 juin 2000. Elle est réputée « renforcer » la protection de la présomption d’innocence. Et donc non pas de l’établir comme principe absolu !
15 décembre 2006
14 décembre 2006
responsable
Pour les juristes, la force majeure est un évènement extérieur, irrésistible. Ils hésitent sur "imprévisible", car la force majeure est une trop belle machine à fournir des alibis d'irresponsabilité. Au fond je reste persuader que les causes extérieures n'ont pas d'importance, que seule compte la façon dont on y répond. Nous ne pouvons rien changer aux autres mais nous sommes responsables de notre destin. Pas de liberté sans responsabilité, on sait depuis La Boétie que la majorité s'en effraie.
13 décembre 2006
Sartre et Aron
Vu ces deux derniers soirs avec une certaine émotion le film de Goretta consacré à Sartre et Beauvoir. Je me suis souvenu très vite de cette phrase de notre jeunesse, d’ailleurs répétée dans le scénario : « il faut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron ». Comment pouvions-nous être aussi cons ? Pas pour donner raison à Aron mais pour émettre une telle sottise au plan de la logique. Car enfin Aron avait raison certes de dénoncer l’engrenage infernal et mortel des révolutions, mais Sartre n’avait pas tort de refuser l’acceptation de l’ordre établi. Les révolutions dévorent leurs enfants et conduisent à la dictature, l’ordre établi exige au final la soumission aveugle au pouvoir et l’abandon de notre liberté. Mais je ne reprocherai rien à personne, il m’a fallu quarante ans pour comprendre que la solution était ailleurs. Dans la désobéissance civile et pacifique prônée par Thoreau et d’autres. Nous l’avons bien vu lors de la chute du Mur comme dans d’autres exemples plus anciens, si le peuple, en masse, dit simplement : non, nous ne voulons pas de ça, le pouvoir ne peut plus rien. J'en tire la conclusion pratique qu'il ne nous reste qu'à nous opposer systématiquement à toute forme de manifestation du pouvoir, à chaque instant.
12 décembre 2006
candidat-e-s au poste de père à tous
On nous dit un peuple "pétri d'histoire". Les Français plus que d'autres ? Est-ce que partout les morts encombrent les vivants et les crimes fondateurs empoisonnent l'existence ?
Dans certains pays du Nord, la monarchie n'est qu'un élément de décor d'un pouvoir démocratique depuis plus de mille ans ; on ne sent pas la trace du crime. A l'inverse en Russie, par exemple, on essaye de noyer dans la terreur, le meurtre de masse et la vodka la revendication d'identité en cachant l'origine suédoise (varègue) de la monarchie.
La France quant à elle, fut ce royaume "enchanté" où le pouvoir tenait sa légitimité de dieu le père. Pour en venir à bout nos ancêtres durent un jour tuer le père. Crime irréparable rendant à jamais la république bâtarde, les Français plus soucieux d'égalité que de liberté et très peu démocrates. Car il faut tenter de se faire pardonner.
De Gaulle avait bien compris ce besoin en promulguant une constitution "paternaliste" que son adversaire le plus farouche, François Mitterand, mit à profit lorsqu'il fut à son tour au pouvoir. Car enfin le "père" doit tirer sa légitimité de quelqu'un ou de quelque chose.
Nous avons aujourd'hui un duo de candidats qui postulent à la figure paternelle en tentant de montrer leur caractère "sévère mais bon". Leur enfance que l'on nous dit médiocre ne leur facilite pas la tache et leur problème majeur reste d'avoir un profil typique de second couteau et non de père. L'un dans le genre Bayard, l'autre dans le genre Jeanne d'Arc.
Le troisième larron Le Pen, lui, est un instinctif, je parierais qu'il a bien compris la situation. Je gage qu'il va rapidement tenter de se présenter en puissance paternelle, ne plus parler des immigrés, mais des étrangers, le reste du discours commun (sécurité, éducation, pouvoir d'achat) est bon pour lui pourvu qu'il n'oublie pas d'être "rassembleur". Attendez-vous à l'entendre parler ainsi et dites vous que cette fois "ça craint pour de bon"...
Dans certains pays du Nord, la monarchie n'est qu'un élément de décor d'un pouvoir démocratique depuis plus de mille ans ; on ne sent pas la trace du crime. A l'inverse en Russie, par exemple, on essaye de noyer dans la terreur, le meurtre de masse et la vodka la revendication d'identité en cachant l'origine suédoise (varègue) de la monarchie.
La France quant à elle, fut ce royaume "enchanté" où le pouvoir tenait sa légitimité de dieu le père. Pour en venir à bout nos ancêtres durent un jour tuer le père. Crime irréparable rendant à jamais la république bâtarde, les Français plus soucieux d'égalité que de liberté et très peu démocrates. Car il faut tenter de se faire pardonner.
De Gaulle avait bien compris ce besoin en promulguant une constitution "paternaliste" que son adversaire le plus farouche, François Mitterand, mit à profit lorsqu'il fut à son tour au pouvoir. Car enfin le "père" doit tirer sa légitimité de quelqu'un ou de quelque chose.
Nous avons aujourd'hui un duo de candidats qui postulent à la figure paternelle en tentant de montrer leur caractère "sévère mais bon". Leur enfance que l'on nous dit médiocre ne leur facilite pas la tache et leur problème majeur reste d'avoir un profil typique de second couteau et non de père. L'un dans le genre Bayard, l'autre dans le genre Jeanne d'Arc.
Le troisième larron Le Pen, lui, est un instinctif, je parierais qu'il a bien compris la situation. Je gage qu'il va rapidement tenter de se présenter en puissance paternelle, ne plus parler des immigrés, mais des étrangers, le reste du discours commun (sécurité, éducation, pouvoir d'achat) est bon pour lui pourvu qu'il n'oublie pas d'être "rassembleur". Attendez-vous à l'entendre parler ainsi et dites vous que cette fois "ça craint pour de bon"...
10 décembre 2006
parti
Je viens d'atterrir. Il ne faut jamais parler que des départs, les arrivées sont sans intérêt. Très peu de poèmes ont été composés sur les fins de voyage. Restons en partance.
09 décembre 2006
libéral
Au fond il y a des jours où l'on a rien à dire, personnellement. Si vous avez des états d'âme vis-à-vis du libéralisme ou si vous vous inquiétez de ce que la France est l'un des seuls pays où le terme soit péjoratif ou encore si vous avez remarqué que l'idée de libéralisme n'est pas nécessairement à l'origine un concept économique, toutes questions qui ont un sens dans le monde d'aujourd'hui, je vous invite à voir le site de The State of Word Liberty Project .
08 décembre 2006
le bon goût bio
En Normandie, j'ai des cousins éleveurs, tendance écolo. Chez eux tout est bio et cela a bon goût, je peux vous le dire. Mais voilà patatras, l'élevage, qui est en extension rapide sur la planète, produit plus de gaz à effet de serre que la totalité des moyens de transport. Cela donne à réfléchir, non ?
J'ai trouvé cela sur : www.fao.org/newsroom/en/news/2006/1000448/
J'ai trouvé cela sur : www.fao.org/newsroom/en/news/2006/1000448/
07 décembre 2006
étatisé
Grève des trains sur ma ligne "RER" de banlieue. SUD-rail parle du "ras-le-bol généralisé des conducteurs (...) face à "des augmentations de productivité (qui) répondent à des impératifs économiques liés à la mise en concurrence des transports ferroviaires" (vous avez le droit de relire cet exemple de langue de bois) . Mais le préavis est illimité et la grève devrait s'étendre (promesse de gueule de bois ?). Il y a un certain nombre de communistes autour de moi, c'est normal compte tenu de l'endroit où je vis : la banlieu dite "rouge". On peut discuter. Car désormais la ligne officielle du parti prévoit de parler avec "les gens". Un des sujets que j'adore concerne la défense du service public. Je suis totalement pour la garantie du service public -avec des cahiers des charges bien bordés- comme dans tout pays civilisé. Mais nous ne parlons pas de la même chose car pour mes amis la défense du service public c'est la défense de la fonction publique et de l'Etat. Et là je ne suis plus d'accord. J'ai trouvé une botte à essayer dans la prochaine discussion (qui ne va pas manquer car la grève continue) : Est-ce que par hasard Marx et Lénine avaient parlé de renforcement de l'appareil d'Etat ou était-ce de dépérissement ? Il est vrai que, plus que les discours des pères fondateurs, l'histoire réelle de l'URSS a du marquer les esprits pour toujours : l'Etat, c'est bien, c'est sérieux, c'est protecteur, cela dispense de penser, cela prend vos responsabilités. Tous fonctionnaires même si c'est au goulag ... Quel rêve ! Allez ça vaut bien une grève et la marche à pied tous les matins !
06 décembre 2006
aimanté
Quand j'avais vingt ans, je pratiquais l'angine à répétitions et l'accident de la route, non comme responsable mais comme victime ! Et puis un jour j'ai décidé que c'était terminé. Je n'ai plus jamais eu d'angine et ma série de sept accidents s'est arrêté. je souligne que ma conviction était totale. Touchons du bois quand même tête de pioche : quarante ans sans accident ni contravention !
Tout ce qui m'est advenu jusque là, des maux et des bonheurs, des accidents, des personnes, des situations, ... est venu comme si je l'avais attiré. Au fond je m'imagine à tort ou raison que tout ce que vous voulez vraiment vous le pouvez. C'est avec cette conviction profonde mais inavouée jusqu'alors que j'ai assuré durant des années des stages pour chômeurs puis formé des apprentis. Et cela a marché : quand on est totalement libre d'esprit et donc crédible, on peut même demander aux autres ce qu'ils veulent, ce qu'ils veulent "pour de vrai". S'ils le savent et s'ils vous le disent, -et les réponses sont parfois surprenantes- allez hop ! plan d'action. Je propose de nommer cela l'aimantation car il y faut un kilo d'amour de soi et une once des autres.
Tout ce qui m'est advenu jusque là, des maux et des bonheurs, des accidents, des personnes, des situations, ... est venu comme si je l'avais attiré. Au fond je m'imagine à tort ou raison que tout ce que vous voulez vraiment vous le pouvez. C'est avec cette conviction profonde mais inavouée jusqu'alors que j'ai assuré durant des années des stages pour chômeurs puis formé des apprentis. Et cela a marché : quand on est totalement libre d'esprit et donc crédible, on peut même demander aux autres ce qu'ils veulent, ce qu'ils veulent "pour de vrai". S'ils le savent et s'ils vous le disent, -et les réponses sont parfois surprenantes- allez hop ! plan d'action. Je propose de nommer cela l'aimantation car il y faut un kilo d'amour de soi et une once des autres.
05 décembre 2006
présidentiable
Gesticulations des candidats à la présidentielle sur le front du Moyen Orient. Qui voudra encore nous faire croire que l'élection d'un-e président-e au suffrage universel a un quelconque rapport avec la démocratie ? L'exercice veut que l'on promette la lune aux Français avant d'être élu. Or l'immense majorité d'entre eux sont ennuyés par la politique étrangère. Il y a belle lurette que les journaux télévisés commercialement responsables l'ont reléguée après les faits divers ! Donc on leur parle d'éducation, de vie chère et surtout de sécurité. Lorsque l'un des candidat-e-s sera élu. Il sera totalement pris par le jeu sauvage mais complexe des relations internationales. C'est un métier de truand nous disait à peu près Raymond Aron quand j'assistais à ses cours. Ne pensez-vous pas que les élus seraient mieux à même d'élire un-e président-e compétent-e qu'un peuple qui n'y comprend rien, ne s'y intéresse pas et à qui finalement la procédure impose de mentir ?
04 décembre 2006
lu dans le journal, lu dans les livres
Lire simplement n'a jamais rien appris à personne. Sauf ce qu'il y a dans les livres comme le faisait remarquer le moinillon d'Umberto Eco. Pour apprendre il faut faire, expérimenter, se tromper, échouer bien entendu, mais réussir aussi. Le savoir livresque est un emprunt, un masque. Celui qui, sage héritier du modèle scolaire français, le pratique à haute dose n'est plus à la fin que l'ombre des autres.
03 décembre 2006
marié
02 décembre 2006
coincé
Nous sommes le 2 décembre et je ne suis pas bonapartiste. Mais bon, c'est trop de silence. Cet été, j'ai vécu sans Internet, ni télévision, ni journaux et plus de la moitié du temps seul, j'ai eu le sentiment profond de recommencer à exister. Puis j'ai du revenir pour vendre une maison, en acheter une autre, préparer deux déménagements et télé chaque soir. Putain ! Comme au boulot, la retraite.
Chaque jour je trie le passé : sinon comment savoir que cette feuille jaunie coincée, par ma mère sans doute, entre deux vieux calendriers des postes me rend héritier concessionnaire d'une place dans le cimetière de Margueray, département de la Manche... Mais mon idéal reste l'ataraxie, j'y arriverai. Et comme aujourd'hui le jardin d'Epicure ne peut être que virtuel, je prends ici l'engagement d'écrire quelques lignes chaque jour.
Chaque jour je trie le passé : sinon comment savoir que cette feuille jaunie coincée, par ma mère sans doute, entre deux vieux calendriers des postes me rend héritier concessionnaire d'une place dans le cimetière de Margueray, département de la Manche... Mais mon idéal reste l'ataraxie, j'y arriverai. Et comme aujourd'hui le jardin d'Epicure ne peut être que virtuel, je prends ici l'engagement d'écrire quelques lignes chaque jour.
21 octobre 2006
à bord

Quand il constate le nombre de bateaux immobiles dans les ports de plaisance, le bon peuple s’esclaffe : « il n’y en a pas beaucoup qui naviguent ». Ce qui probablement sous-entend que eux s’ils en avaient un, il en irait autrement… C’est oublier que les mêmes qui ricanent s’ils ont une caravane, un camping-car, une maison de campagne … ne les utilisent pas plus. Car la durée des congés n’est pas plus longue si l’on dispose d’un bateau.
Ce qui de mon côté me surprend plus c’est que les bateaux à quai ne soient pas utilisés pour y vivre. Naviguer est une chose, mais même ceux que l’on ne connaît que comme navigateurs passent le plus clair de leur temps à terre. Et il en fut toujours ainsi. Et de plus en plus de plaisanciers utilisent leur bateau comme des autos, ce qui explique sans doute pourquoi les embarcations à moteur représentent les 4/5 du parc.
J’ai fait durant tout l’été, l’expérience (modeste) de vivre à bord même lorsqu’on ne navigue pas. Mon voilier n’est pas grand mais il contient tout ce dont on peut avoir besoin, y compris même un peu de superflu et de confort. J’ai constaté plusieurs choses. Tout d’abord, l’espace est presque maîtrisable dans tous les sens, ce qui donne une impression de « chez soi » étonnante. Se mouvoir requiert l’usage des bras autant que des jambes ce qui provoque un entraînement physique continu. Jamais, même si l’eau est lisse comme un miroir, le bateau n’est totalement immobile, le cerveau travaille donc à rétablir l’horizontalité en permanence, c’est d’une grande relaxation et les nuits sont l’occasion d’un sommeil quasi fœtal.
Je recommencerai car je me suis senti, revenu à terre beaucoup plus nerveux, instantanément
02 octobre 2006
début d'un été sans fin
Je n’aspire pas aux longues traversées. Appareiller est une fin en soi qui, pour un peu me suffirait si j’étais plus sage. Anticiper dans sa tête chaque étape de la manœuvre qui permettra de quitter le ponton : réfléchir à chaque geste. Observer le vent et le courant. Décider de l’ordre dans lequel il faudra larguer les amarres, la dernière est cruciale, c’est celle qui reçoit le plus de force mal orientée, du vent ou pis du courant. Vérifier que rien ne traîne qui viendrait se prendre dans l’hélice. Etre certain qu’aucun bateau ne manœuvre au même moment. Quand tout est clair, choisir l’instant précis où larguer la dernière amarre. Donner de la barre exactement dans la direction nécessaire (se souvenir que tout déplacement est une résultante des forces en présence). Battre un grand coup en arrière. Le bateau s’éloigne doucement de sa place. Se souvenir du sens de rotation de l’hélice. Revenir au point mort. Mettre la barre à gauche. Remettre les gaz en arrière toute. Sentir le bateau virer oh, si lentement. Constater comme chaque fois que l’avant décrit un immense arc de cercle qui passe à raz du cul du voisin. Se retrouver presque immobile dans l’axe du chenal. Tenir fermement la barre. Pousser la commande des gaz en avant. Sentir la vibration du safran et entendre le moteur ronfler à 2500 tours/minute. Noter l’heure et la reporter sur le journal de bord. Je me sens alors très calme. C’est une sensation proche du bonheur dirait Perez Reverte. On fait route. Pendant quelques minutes le vent est dans l’axe du chenal et on en profite pour hisser la grand voile, c’est-à-dire : choquer la balancine, serrer la manille au point de drisse, vérifier les « lazy jacks », choquer l’écoute de grand voile, revérifier la direction apparente du vent, hisser en tournant la drisse sur le winch pour finir d’étarquer à la manivelle. Contrôler du regard l’allure de la grand voile. Il est temps de rentre les parrebattages. Encore quelques instants et l’on établira le génois avant de couper le moteur. Alors ce sera le royaume du vent et de la mer. On y va toujours sur la pointe des pieds. On ne peut pas y être « chez soi ». Mais on y est libre et tout le superflu est resté à terre. On est entré dans le monde réel.
25 juin 2006
embarqué
03 juin 2006
ému

Pour mon départ en retraite, j’avais refusé et le vin d’honneur, comme on disait autrefois, et les cadeaux. Evidemment mes collègues et les apprentis de l’Ecole ont organisé les deux. C’était hier soir : il y avait foule et les cadeaux étaient somptueux. J’en suis tout retourné.
Si je ne voulais pas de tout cela, c’est à cause de la tartufferie que cela représente à mes yeux. La délicatesse des uns et des autres l'a évité. Tout venait du cœur et j’en suis encore tout ému.
J’avais une autre raison, plus secrète de refuser ce genre de cérémonie, c’est que la retraite est synonyme de vieillesse. Et c’est dur de devenir vieux. Mais si l’on y réfléchit les choix sont limités : c’est ça ou mourir jeune!Alors à tout prendre ...
A propos de la mort, il m’est revenu en mémoire un mot d’Anacharsis, entendu jadis en classe de philosophie. Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont sur la mer. Je n’ai jamais compris le sens de cette phrase ; je vais donc naviguer pour essayer d’en savoir plus. Ce sera à la voile. Les apprentis aussi navigueront, pour la plupart à toute vapeur. Mes collègues, eux, continueront à ramer comme je l'ai fait durant dix-huit ans. Belle mer à tous!
Quant à moi : foc hissé, tout est payé !
14 mai 2006
esclave
Cette journée consacrée au souvenir de l’esclavage me laisse perplexe.
Le mépris ou le racisme que beaucoup d’autochtones éprouvent à l’égard des Noirs est spécifique. Il repose sur un stéréotype délirant, mâtiné de fantasme et datant de l’Antiquité : les Noirs seraient indolents et leur sexualité débridée.
Hélas la misère actuelle du sub-continent, son incapacité apparente à se développer, la corruption de ses chefs, les guerres incessantes accréditent dans beaucoup d’esprits un manque d’énergie, de savoir faire et une forme d’inintelligence. Au même moment les ravages du sida sont implicitement considérés comme les dégâts d’une sexualité non maîtrisée. Il n’y a pas que l’extrême droite qui flirte avec ces inepties.
Le seul point crédible est que, comme Dumont l’aurait dit : l’Afrique noire est mal partie, même si les taux de croissance virent au vert. Elle absorbe la plus grande part de l’aide internationale pour les résultats les plus minces. Revendiquer la mémoire de l’esclavage, c’est invoquer une cause possible de cet état de fait. Certains théoriciens ont d’ailleurs avancé l’idée que la ponction démographique avait pénalisé la région pour des siècles. Mais nous sommes dans la mémoire et pas dans l’histoire, j’entends plutôt : souvenez-vous du mal que vous nous avez fait.
Pourtant la mémoire de l’esclavage ne semble ni culpabiliser les Européens, ni rendre leur fierté aux Africains.
Il vaudrait sans doute mieux pour l’avenir de l’humanité s’intéresser à l’esclavage autrement qu’au plan mémoriel. Si l’on sait que des dizaines de milliers de Blancs furent esclaves dans les Etats barbaresques, on saura que pour collecter les fonds nécessaires à leur rachat on vendait des peintures représentant des femmes, et non de rugueux marins, toujours nues sur un marché devant un Ottoman de pacotille. Oublier cela, c’est oublier le contenu fortement érotique de l’esclavage dans le tréfonds des consciences (occidentales masculines au minimum). Il n’est, par ailleurs, pas de bon ton, semble-t-il depuis la loi Taubira, d’évoquer le rôle des Arabes dans l’esclavage en Afrique. Cela masquerait la responsabilité occidentale dans la traite. Pourtant il est établi que le nombre de personnes esclaves du fait des Arabes, certes sur un temps plus long, est au moins égal à celui des déportés aux Amériques.
On s’efforcera, j’espère de ne pas oublier que les Négriers d’Alger, de Zanzibar, de Nantes ou de Bordeaux n’allaient pas capturer eux-mêmes les esclaves. Ils se contentaient de les acheter aux Africains (royaumes ou tribus) qui vivaient de la vente…
On cessera peut-être d’assimiler rapidement colonialisme et esclavage. Car c’est à la conférence de Berlin de 1885 tout en dépeçant l’Afrique Noire qu’on a décidé que les Etats devaient faire cesser l’esclavage dans leurs colonies. A la seule exception du Congo, qui était un « Etat » privé et non une colonie.
Pour comprendre cela, il faut savoir qu’après que la traite fût abolie, l’esclavage ne cessa pas en Afrique. Il devint interethnique. Si aujourd’hui il y a tant de peuples qui s’opposent en luttes fratricides, « tribales » disent les journalistes occidentaux, c’est qu’il y a peu les uns ont réduit les autres en esclavage et que leurs enfants s’en souviennent très bien.
Le pis est sans doute comme l’a bien montré récemment un reportage de Thalassa au lac Volta, que ce n’est pas fini, des enfants sont esclaves en Afrique comme ailleurs.
Je suis certain que la « mémoire de l’esclavage », ne fera pas avancer d’un iota la cause du genre humain. Je mettrai plus d’espoir dans l’étude de son histoire, dans la lutte contre sa réalité présente et la réflexion sur le développement de l’Afrique. Car n’oublions pas que les « décideurs » internationaux qui ont abandonné définitivement ce continent à la charité internationale seront très heureux d’une journée commémorative. C’est une bonne conscience à peu de frais.
Le mépris ou le racisme que beaucoup d’autochtones éprouvent à l’égard des Noirs est spécifique. Il repose sur un stéréotype délirant, mâtiné de fantasme et datant de l’Antiquité : les Noirs seraient indolents et leur sexualité débridée.
Hélas la misère actuelle du sub-continent, son incapacité apparente à se développer, la corruption de ses chefs, les guerres incessantes accréditent dans beaucoup d’esprits un manque d’énergie, de savoir faire et une forme d’inintelligence. Au même moment les ravages du sida sont implicitement considérés comme les dégâts d’une sexualité non maîtrisée. Il n’y a pas que l’extrême droite qui flirte avec ces inepties.
Le seul point crédible est que, comme Dumont l’aurait dit : l’Afrique noire est mal partie, même si les taux de croissance virent au vert. Elle absorbe la plus grande part de l’aide internationale pour les résultats les plus minces. Revendiquer la mémoire de l’esclavage, c’est invoquer une cause possible de cet état de fait. Certains théoriciens ont d’ailleurs avancé l’idée que la ponction démographique avait pénalisé la région pour des siècles. Mais nous sommes dans la mémoire et pas dans l’histoire, j’entends plutôt : souvenez-vous du mal que vous nous avez fait.
Pourtant la mémoire de l’esclavage ne semble ni culpabiliser les Européens, ni rendre leur fierté aux Africains.
Il vaudrait sans doute mieux pour l’avenir de l’humanité s’intéresser à l’esclavage autrement qu’au plan mémoriel. Si l’on sait que des dizaines de milliers de Blancs furent esclaves dans les Etats barbaresques, on saura que pour collecter les fonds nécessaires à leur rachat on vendait des peintures représentant des femmes, et non de rugueux marins, toujours nues sur un marché devant un Ottoman de pacotille. Oublier cela, c’est oublier le contenu fortement érotique de l’esclavage dans le tréfonds des consciences (occidentales masculines au minimum). Il n’est, par ailleurs, pas de bon ton, semble-t-il depuis la loi Taubira, d’évoquer le rôle des Arabes dans l’esclavage en Afrique. Cela masquerait la responsabilité occidentale dans la traite. Pourtant il est établi que le nombre de personnes esclaves du fait des Arabes, certes sur un temps plus long, est au moins égal à celui des déportés aux Amériques.
On s’efforcera, j’espère de ne pas oublier que les Négriers d’Alger, de Zanzibar, de Nantes ou de Bordeaux n’allaient pas capturer eux-mêmes les esclaves. Ils se contentaient de les acheter aux Africains (royaumes ou tribus) qui vivaient de la vente…
On cessera peut-être d’assimiler rapidement colonialisme et esclavage. Car c’est à la conférence de Berlin de 1885 tout en dépeçant l’Afrique Noire qu’on a décidé que les Etats devaient faire cesser l’esclavage dans leurs colonies. A la seule exception du Congo, qui était un « Etat » privé et non une colonie.
Pour comprendre cela, il faut savoir qu’après que la traite fût abolie, l’esclavage ne cessa pas en Afrique. Il devint interethnique. Si aujourd’hui il y a tant de peuples qui s’opposent en luttes fratricides, « tribales » disent les journalistes occidentaux, c’est qu’il y a peu les uns ont réduit les autres en esclavage et que leurs enfants s’en souviennent très bien.
Le pis est sans doute comme l’a bien montré récemment un reportage de Thalassa au lac Volta, que ce n’est pas fini, des enfants sont esclaves en Afrique comme ailleurs.
Je suis certain que la « mémoire de l’esclavage », ne fera pas avancer d’un iota la cause du genre humain. Je mettrai plus d’espoir dans l’étude de son histoire, dans la lutte contre sa réalité présente et la réflexion sur le développement de l’Afrique. Car n’oublions pas que les « décideurs » internationaux qui ont abandonné définitivement ce continent à la charité internationale seront très heureux d’une journée commémorative. C’est une bonne conscience à peu de frais.
01 mai 2006
premier mai
Le 7 avril nous avons lancé notre nouveau bateau dont le nom est Bealtane. C’est le jour d’en parler car ce nom évoque le premier mai, la fête du renouveau, la fête de Beltené des Celtes entre l’équinoxe et le solstice d'été. L’étymologie proto-indo-européenne suggère : *bhel pour brasiller et *ten pour le feu. Ce jour-là en effet, on éteignait tous les feux pour n’allumer que le nouveau. Cette coutume persista en Ecosse jusqu’au 17ème siècle sous le nom de bealltainn.
Dans toute l’Europe, la reine ou belle de mai, les rameaux fleuris (l’églantine avant le muguet…) ont symbolisés la renaissance, l'alliance de l'esprit et de la nature, les mariages, enfin l’aube des temps nouveaux.
Car "faire le mai" était aussi synonyme de désordre. Depuis 1889, les grèves à la fois idylliques et subversives du 1er mai illustrent cette double signification.
Le mot mai vient lui de Maïa, aînée des Pléiades dont la fête coïncidait dans la Grèce antique avec la fin de l’hivernage, le jour de la remise des bateaux à la mer.
En irlandais, Bealtaine est le nom du mois de mai tout entier. Si l’Eglise a échoué à christianiser la fête, elle a fait de ce mois, le mois de Marie. Les statues de la Vierge ont alors remplacé dans les ifs et les chênes celles des anciennes vierges sanctifiées des Celtes. Enfin en anglais, Mayday (ancien nom : Beltane) est le premier jour de mai. Ce mot est aussi connu des marins comme un appel à la solidarité en tant que transcription phonétique du français « m’aider ».
Nous devons ce bateau à ma mère, Marie, née Groschêne, à Margueray, département de la Manche, le 22 mai 1912.
14 avril 2006
politique
Désormais pour chaque événement (comme la « crise des banlieues » ou les mouvements estudiantins), on nous abreuve de commentaires sur le pourquoi des choses. Les journalistes comme les politiques se sentent obligés de nous fournir des explications. Or je pense qu’il n’y a pas de politique sans action. Et l’explication peut être infiniment éloignée de l’action. La politique semble devenue impossible. On accuse souvent les médias de l’avoir tuée.
A mon avis ils n’en sont pas responsables sur le fond.
Depuis l’aube du XX° siècle la sociologie et la psychologie nous ont fourni des explications cliniques de la réalité humaine. Nous avons même eu, en France, la chance douteuse d’avoir avec Durkheim l’invention d’une sociologie à usage étatique républicain. Peu à peu, le pouvoir passant aux mains de technocrates, des cohortes d’experts se sont hissés aux postes de conseillers des princes. Ce sont eux qui avançant des explications rationnelles scientistes au chaos des choses humaines ont assassiné la politique.
A mon avis ils n’en sont pas responsables sur le fond.
Depuis l’aube du XX° siècle la sociologie et la psychologie nous ont fourni des explications cliniques de la réalité humaine. Nous avons même eu, en France, la chance douteuse d’avoir avec Durkheim l’invention d’une sociologie à usage étatique républicain. Peu à peu, le pouvoir passant aux mains de technocrates, des cohortes d’experts se sont hissés aux postes de conseillers des princes. Ce sont eux qui avançant des explications rationnelles scientistes au chaos des choses humaines ont assassiné la politique.
03 avril 2006
grotesque
A défaut d’agir, il parle encore.
En 2002, il fut réélu triomphalement avec 19 % des voix.
En 2003, il perdit trois scrutins : départemental, régional, européen pour asseoir son pouvoir absolu sur des bases plus sures.
En 2005, il fit d’un projet de traité constitutionnel voté à 90% par les députés et sénateurs, un fiasco référendaire. Espérant un plébiscite facile, il prit le risque d’y sacrifier la construction européenne. Voici maintenant ce monarque vieilli, tel un roi shakespearien, donnant, par peur, raison à ses deux fils en guerre : de Villepin conforté pour la lettre et Sarkozy pour la méthode. De l’opposition du peuple français, de l’inintérêt du texte eu égard à ce qu’il faudrait faire, de la lutte contre le chômage, présentée maintes fois comme une priorité absolue, il n’a que faire.
Mais, bon dieu, le progrès existe : un tyran d’autrefois aurait sacrifiée à sa querelle de succession la jeunesse de France dans un bain de sang. Aujourd’hui, c’est dans le vide de paroles dépourvues de sens.
En 2002, il fut réélu triomphalement avec 19 % des voix.
En 2003, il perdit trois scrutins : départemental, régional, européen pour asseoir son pouvoir absolu sur des bases plus sures.
En 2005, il fit d’un projet de traité constitutionnel voté à 90% par les députés et sénateurs, un fiasco référendaire. Espérant un plébiscite facile, il prit le risque d’y sacrifier la construction européenne. Voici maintenant ce monarque vieilli, tel un roi shakespearien, donnant, par peur, raison à ses deux fils en guerre : de Villepin conforté pour la lettre et Sarkozy pour la méthode. De l’opposition du peuple français, de l’inintérêt du texte eu égard à ce qu’il faudrait faire, de la lutte contre le chômage, présentée maintes fois comme une priorité absolue, il n’a que faire.
Mais, bon dieu, le progrès existe : un tyran d’autrefois aurait sacrifiée à sa querelle de succession la jeunesse de France dans un bain de sang. Aujourd’hui, c’est dans le vide de paroles dépourvues de sens.
30 mars 2006
criminel
L’histoire retiendra peut-être que l’affaire avait commencé par l’initiative solitaire d’un premier ministre qui voulait faire semblant d’agir et se heurta à des opposants qui firent semblant de protester. En durant le conflit devint presque réel.
Quelle qu’en soit l’issue on peut déjà dresser un bilan. Il a réussi à unir les syndicats, requinquer l’opposition de gauche et diviser son propre camp, voilà de risibles maladresses.
Avoir ruiné une réflexion nécessaire sur les contrats de travail et conforté beaucoup de Français dans leur penchant immobiliste, est certainement beaucoup plus grave. Avoir désespéré encore un peu plus une jeunesse déjà écœurée par le manque de considération, —quelle joie y a-t-il à être une « variable d’ajustement » ?— une jeunesse déjà condamnée à vivre aux crochets de ses parents, c’est dramatique. Mais l’avoir poussée à épouser les vieux mythes nationaux : attendre son salut d’un Etat réputé protecteur et espérer un emploi à vie, c’est aujourd'hui un crime !
Quelle qu’en soit l’issue on peut déjà dresser un bilan. Il a réussi à unir les syndicats, requinquer l’opposition de gauche et diviser son propre camp, voilà de risibles maladresses.
Avoir ruiné une réflexion nécessaire sur les contrats de travail et conforté beaucoup de Français dans leur penchant immobiliste, est certainement beaucoup plus grave. Avoir désespéré encore un peu plus une jeunesse déjà écœurée par le manque de considération, —quelle joie y a-t-il à être une « variable d’ajustement » ?— une jeunesse déjà condamnée à vivre aux crochets de ses parents, c’est dramatique. Mais l’avoir poussée à épouser les vieux mythes nationaux : attendre son salut d’un Etat réputé protecteur et espérer un emploi à vie, c’est aujourd'hui un crime !
19 mars 2006
lendemain de manif
Hier j'étais dans une tête de manifestation silencieuse, comme un soutien aux jeunes qui venaient derrière mais dépourvu de tout commentaire.
Vendredi dernier, fin d’après-midi. En voiture, j’écoute France Culture, voici l’ineffable Albert Jacquard. Il est en train d’expliquer que les libéraux ont tort, ce qui doit lui arriver souvent. Car, dit-il le marché n’a pas de mémoire, il ne s’intéresse qu’au présent et ne connaît pas l’avenir. Entendre que le marché ne saurait s'intéresser aux problèmes de nos petits enfants, etc... Obnubilé qu'il est, le bougre, par le profit immédiat. Je ne connais pas l’avenir et Jacquard non plus. Je devine qu’il veut dire ainsi qu’un avenir radieux ne saurait être qu’une œuvre collective réfléchie et construite politiquement. Mais lisons (pour une fois) le texte de Smith.
“ It is not from the benevolence of the butcher, the brewer or the baker that we expect our dinner, but from their regard to their own self-interest... [Every individual] intends only his own security, only his own gain. And he is in this led by an invisible hand to promote an end which was no part of his intention. By pursuing his own interest, he frequently promotes that of society more effectually than when he really intends to promote it”.
C’est bien ce que dit Smith, c’est parce qu’il ne s’intéresse qu’à ses affaires et à rien d’autres que l’individu produit un résultat qui peut-être bénéfique pour tous quand personne ne lui gonfle la tête d’idéologie vertueuse. En vérité l'avenir n'est que la résultante de décisions qui semblent aléatoires. La critique de Jacquard tombe comme une loque,seuls les esprits totalitaires pensent vraiment qu'ils peuvent forcer le destin ; ce qui ne signifie pas que les Libéraux aient raison. Notons tout de même que la sagesse populaire se méfie à juste titre des bonnes intentions dont on justifie les pires crimes. Karl Popper a démontré, il y a bien longtemps, que les buts énoncés ne peuvent être atteints. Dramatique. Dur pour les politiciens, surtout ceux, par exemple, qui promettent la bonne décision pour venir à bout du chômage et sont tout surpris de recueillir un effet pervers (adventice dirait Popper). Et pourtant ils continuent. Je gage que M. de Villepin, si son dispositif lui survit, sera surpris que les embauches de jeunes n'augmententent pas mais que celui qui a plus de vingt six ans ou qui n'a pas six mois de chômage derrière lui n'a plus aucune chance. Quant à Albert Jacquard, ce qu'il lui manque, c'est que ses amis ne soient pas au pouvoir pour lui permettre de vérifier qu'Adam Smith est certes critiquable, mais exempt, lui, de toute pensée totalitaire même inconsciente.
Vendredi dernier, fin d’après-midi. En voiture, j’écoute France Culture, voici l’ineffable Albert Jacquard. Il est en train d’expliquer que les libéraux ont tort, ce qui doit lui arriver souvent. Car, dit-il le marché n’a pas de mémoire, il ne s’intéresse qu’au présent et ne connaît pas l’avenir. Entendre que le marché ne saurait s'intéresser aux problèmes de nos petits enfants, etc... Obnubilé qu'il est, le bougre, par le profit immédiat. Je ne connais pas l’avenir et Jacquard non plus. Je devine qu’il veut dire ainsi qu’un avenir radieux ne saurait être qu’une œuvre collective réfléchie et construite politiquement. Mais lisons (pour une fois) le texte de Smith.
“ It is not from the benevolence of the butcher, the brewer or the baker that we expect our dinner, but from their regard to their own self-interest... [Every individual] intends only his own security, only his own gain. And he is in this led by an invisible hand to promote an end which was no part of his intention. By pursuing his own interest, he frequently promotes that of society more effectually than when he really intends to promote it”.
C’est bien ce que dit Smith, c’est parce qu’il ne s’intéresse qu’à ses affaires et à rien d’autres que l’individu produit un résultat qui peut-être bénéfique pour tous quand personne ne lui gonfle la tête d’idéologie vertueuse. En vérité l'avenir n'est que la résultante de décisions qui semblent aléatoires. La critique de Jacquard tombe comme une loque,seuls les esprits totalitaires pensent vraiment qu'ils peuvent forcer le destin ; ce qui ne signifie pas que les Libéraux aient raison. Notons tout de même que la sagesse populaire se méfie à juste titre des bonnes intentions dont on justifie les pires crimes. Karl Popper a démontré, il y a bien longtemps, que les buts énoncés ne peuvent être atteints. Dramatique. Dur pour les politiciens, surtout ceux, par exemple, qui promettent la bonne décision pour venir à bout du chômage et sont tout surpris de recueillir un effet pervers (adventice dirait Popper). Et pourtant ils continuent. Je gage que M. de Villepin, si son dispositif lui survit, sera surpris que les embauches de jeunes n'augmententent pas mais que celui qui a plus de vingt six ans ou qui n'a pas six mois de chômage derrière lui n'a plus aucune chance. Quant à Albert Jacquard, ce qu'il lui manque, c'est que ses amis ne soient pas au pouvoir pour lui permettre de vérifier qu'Adam Smith est certes critiquable, mais exempt, lui, de toute pensée totalitaire même inconsciente.
14 mars 2006
patriote
Un pays où l’on refuse d’accueillir ceux qui risquent leur vie pour y venir. Au motif que leur motivation est « économique », on les renvoie ; seule la persécution pour les idées est admissible dans ce pays. Un pays où la moitié des actifs travaillent directement ou indirectement pour l’Etat. Un pays où l’on supplie l’Etat d’intervenir quand une usine ferme. Un pays d’où on ne part pas, un pays où l’on ronge son frein bruyamment mais sur place. Un pays où la télé ne parle que des faits divers de « proximité » et des chanteuses de « chez nous ». Un pays où l’on ne parle pas les langues étrangères. Un pays qui s’enrhume à l’air du large. Un pays minuscule qui se croit grand et qui veut faire la leçon au reste du monde parce qu’autrefois on y a écrit les droits de l’homme. Un pays où désormais les jeunes risquent de naître vieux.
03 mars 2006
Soixantième
J’ai soixante ans. Lors de mon cinquantième anniversaire, j’avais l’impression fallacieuse d’être à la moitié de ma vie. Cette fois c’est plutôt du genre compte à rebours. Cela pousse aux bilans. Etonnant à quel point je me suis plié aux injonctions reçues dans mon jeune âge. A vrai dire toute sauf une. Par exemple : après 42 ans de conduite automobile, je n’ai toujours pas eu de contravention même pour stationnement illicite. Je ne me souviens pas d’avoir volé ou escroqué qui que ce soit. Je n’ai menti (rarement) que par souci du bien ou de ne pas blesser. On m’a fait remarquer que mon comportement très légaliste semblait contradictoire avec l’affichage de mes idées libertaires. Mais je n’ai honoré que les principes qui permettent de vivre en société. Si l’on veut ruiner le pouvoir, celui de l’Etat, comme celui de l’Eglise, de l’armée ou tout simplement des « chefs » de tout poil, et vivre au milieu des humains, il est nécessaire de respecter les règles qui rendent possible la vie collective. C’est pour cette raison que je me suis refusé systématiquement à la « vertu d’obéissance ». Pourtant dans mon enfance elle dominait tout : les enfants étaient « dressés » (on parlait ainsi) à obéir. Les parents, l’école laïque comme le catéchisme ressassaient cette obligation sans relâche. Je reste convaincu qu’elle est à l’origine de presque tous nos maux, notamment les plus atroces du vingtième siècle. Il faut refuser d’obéir.
11 février 2006
socialisé
Je me souviens d’une jeune femme de mon enfance. Veuve de guerre, elle disait à son fils turbulent : si ton père voyait cela, il serait furieux contre toi. Nous étions horrifiés par l’appel à ce père défunt. Mais j’ai connu depuis des « mères célibataires » dirent, en parlant, de leur enfant : « je n’ai que lui ». Elles développent un amour exclusif où le père et même l’homme n’a pas sa place. Ce sont elles qui m’ont fait comprendre que la première avait raison. Car enfin si vous n’êtes élevé que par un parent, vous ne connaissez que l’amour et la haine ; j’aime, je n’aime pas. J’embrasse ou je cogne. Pour apprendre à vivre en société, pour sortir de cette sauvagerie, il faut être trois : moi, ma mère et la loi. Le père est l’apprentissage de la loi, de la vie sociale. Le binaire est simpliste, la société est complexe, elle commence à trois, même si le troisième est mythique.
Pour grandir il faut "tuer" le père, non ? Pour cela, il en faut un ou quoique ce soit qui remplace.
Pour grandir il faut "tuer" le père, non ? Pour cela, il en faut un ou quoique ce soit qui remplace.
03 février 2006
caricaturé
Je suis fasciné par les miracles de la mondialisation. Le 1er février 2006 des femmes yéménites illettrées descendent spontanément dans la rue avec des pancartes en anglais pour protester contre ce qu’elles viennent de voir dans un quotidien régional danois de septembre 2005 ! Fabuleux !
Bon, en Palestine, c'est le Fatha qui manifeste, le Hamas se tait. Au Liban, ce sont les pro-syriens,en Egypte les Frères musulmans (victimes des Syriens), en Afghanistan, les amis des Talibans, en Iran un pouvoir incertain dont les affidés s'en prennent en même temps à l'autorité de contrôle nucléaire, etc, etc... C'est assez clair. La masse des Musulmans n'aiment pas ces fauteurs de trouble. Mais je le demande à mes amis musulmans : ces caricatures, est-ce le fêtu qui a brisé le dos du chameau ?
Bon, en Palestine, c'est le Fatha qui manifeste, le Hamas se tait. Au Liban, ce sont les pro-syriens,en Egypte les Frères musulmans (victimes des Syriens), en Afghanistan, les amis des Talibans, en Iran un pouvoir incertain dont les affidés s'en prennent en même temps à l'autorité de contrôle nucléaire, etc, etc... C'est assez clair. La masse des Musulmans n'aiment pas ces fauteurs de trouble. Mais je le demande à mes amis musulmans : ces caricatures, est-ce le fêtu qui a brisé le dos du chameau ?
19 janvier 2006
cultivé-e
Sarah m’a demandé ce qu’il conviendrait de faire pour être « cultivée ». A bien y réfléchir nous sommes d’accord qu’il s’agit de lire des livres…Regarder la télé, travailler pour son patron, bavarder, entrevoir des peintures au pas de charge … sont des façons différentes de nourrir le monstre. Vivre, regarder, lire et écrire suffiraient bien à tout un chacun. Rien d’autre que les livres finalement, ne pourrait nous rendre dignes de l’humanité.
Naturellement je me suis retourné vers la bibliothèque idéale de R. Queneau, élaborée dans les années cinquante après enquête. Je me souvenais du fait qu’elle comportait cent titres. J’ai été surpris de voir que je partage encore beaucoup de ses choix. Mais je me devais d’y ajouter quelques textes qui ne relèvent pas de la littérature. L’ignorance du droit, des sciences ou de l’histoire me semblerait criminelle.
Peut-être ne faut-il pas avoir tout lu, même d’une aussi courte liste mais au moins parcouru et surtout relu.
1. Shakespeare, Théâtre (surtout le Roi Lear et Songes d’une nuit d’été)
2. Conrad, Le Nègre du Narcisse
3. O'Flaherty : Insurrection
4. Montaigne, Essais
5. Rabelais, Les Cinq Livres
6. Baudelaire, Les Fleurs du Mal
7. Pascal, Pensées
8. Molière, Théâtre
9. J.-J. Rousseau, Les Confessions
10. Stendhal, Le Rouge et le Noir
11. Epicure, Lettres et Fragments
12. Stendhal, La Chartreuse de Parme
13. F. Villon, Les Testaments
14. Rimbaud, Oeuvres poétiques
15. Cardinal de Retz, Mémoires
16. Tolstoi, La Guerre et la Paix
17. Saint-Simon, Mémoires
18. Cervantes, Don Quichotte
19. Racine, Théâtre
20. Eschyle, Théâtre
21. Dostoievsky, Les Frères Karamazov
22. Mallarmé, Poèmes
23. La Fontaine, Fables
24. Goethe, Faust
25. Matthieu, Evangile
26. Flaubert, L’Éducation Sentimentale
27. Homère, L’Odyssée
28. Corneille, Théâtre
29. Dante, La Divine Comédie
30. Chateaubriand, Mémoires d’Outre-Tombe
31. Maupassant, Bel Ami
32. Alain de Botton, les consolations de la philosophie
33. James Joyce, Ulysse
34. Zweig, Le Monde d'hier : souvenirs d'un Européen
35. Swift, Les Voyages de Gulliver
36. Verlaine, Poèmes
37. Flaubert, Madame Bovary
38. Rimbaud, Une Saison en Enfer
40. Furet, Le passé d'une illusion
41. Melville, Moby Dick
42. Aristophane, Théâtre
43. Tacite, Annales et Histoires
44. Spinoza, Éthique
45. Hölderlin, Poèmes
46. Gérard de Nerval, Les Filles du Feu
47. Defoe, Robinson Crusoe
48 Fourastié, Les conditions de l’esprit scientifique
49. Lautréamont, Les Chants de Maldoror
50. Victor Hugo, Les Misérables
51. Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles
52. Musset, Comédies et Proverbes
53. Jules Renard, Journal
54 Peter Laslett, un monde que nous avons perdu
55. Dostoievsky, L’Idiot
56. Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent
57 La Boétie, Discours de la servitude volontaire
58. Voltaire, Contes
59. Balzac, les Chouans
60. Dostoievsky, Crime et Châtiment
61. Plutarque, Vie des Hommes illustres
62 Voltaire, le Siècle de Louis XIV
63. Karl Marx, Le Capital (au moins quelques extraits bien choisis)
64. Benjamin Constant, Adolphe
65. Beaumarchais, Théâtre
66. Machiavel, le Prince
67. Elie faure, Histoire de l’art
68. Lorca, Poèmes
69. Malraux, La Condition humaine
70. La Rochefoucauld, Maximes
71. La Bruyère, Les Caractères
72. Mme de Sévigné, Lettres
73 Eco, le Nom de la Rose
74. Jarry, Ubu roi
75. Valéry, Poèmes
76 Une place pour Averroès, mais je trouve l’incohérence de l’incohérence illisible
77 Kipling, Kim
78. Mérimée, Nouvelles
79. Valéry, Variété
80. Héraclite, Fragments
81. Marivaux, Théâtre
82 Bouvier, l’usage du monde
83. Kafka, Le Procès
84. Khayyam, Quatrains
85. Apollinaire, Alcools
86. André Gide, Journal
87. Andersen, Contes
88. Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires
89 Règlement international pour prévenir les abordages en mer.
90 Freud, l’Avenir d’une illusion
91. Conrad, Lord Jim
92. Montesquieu, L’esprit des Lois
93. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
94 Déclaration universelle des droits de l’homme
95 Lobo Antunes, le Cul de judas
96 Gracq, le Rivage des Syrthes
97 Meienberg, L'exécution du traître à la patrie Ernst S
98. Gogol, Les Âmes mortes
99 Levi, Si c’est un homme
100. Bernanos, Journal d’un Curé de Campagne
Naturellement je me suis retourné vers la bibliothèque idéale de R. Queneau, élaborée dans les années cinquante après enquête. Je me souvenais du fait qu’elle comportait cent titres. J’ai été surpris de voir que je partage encore beaucoup de ses choix. Mais je me devais d’y ajouter quelques textes qui ne relèvent pas de la littérature. L’ignorance du droit, des sciences ou de l’histoire me semblerait criminelle.
Peut-être ne faut-il pas avoir tout lu, même d’une aussi courte liste mais au moins parcouru et surtout relu.
1. Shakespeare, Théâtre (surtout le Roi Lear et Songes d’une nuit d’été)
2. Conrad, Le Nègre du Narcisse
3. O'Flaherty : Insurrection
4. Montaigne, Essais
5. Rabelais, Les Cinq Livres
6. Baudelaire, Les Fleurs du Mal
7. Pascal, Pensées
8. Molière, Théâtre
9. J.-J. Rousseau, Les Confessions
10. Stendhal, Le Rouge et le Noir
11. Epicure, Lettres et Fragments
12. Stendhal, La Chartreuse de Parme
13. F. Villon, Les Testaments
14. Rimbaud, Oeuvres poétiques
15. Cardinal de Retz, Mémoires
16. Tolstoi, La Guerre et la Paix
17. Saint-Simon, Mémoires
18. Cervantes, Don Quichotte
19. Racine, Théâtre
20. Eschyle, Théâtre
21. Dostoievsky, Les Frères Karamazov
22. Mallarmé, Poèmes
23. La Fontaine, Fables
24. Goethe, Faust
25. Matthieu, Evangile
26. Flaubert, L’Éducation Sentimentale
27. Homère, L’Odyssée
28. Corneille, Théâtre
29. Dante, La Divine Comédie
30. Chateaubriand, Mémoires d’Outre-Tombe
31. Maupassant, Bel Ami
32. Alain de Botton, les consolations de la philosophie
33. James Joyce, Ulysse
34. Zweig, Le Monde d'hier : souvenirs d'un Européen
35. Swift, Les Voyages de Gulliver
36. Verlaine, Poèmes
37. Flaubert, Madame Bovary
38. Rimbaud, Une Saison en Enfer
40. Furet, Le passé d'une illusion
41. Melville, Moby Dick
42. Aristophane, Théâtre
43. Tacite, Annales et Histoires
44. Spinoza, Éthique
45. Hölderlin, Poèmes
46. Gérard de Nerval, Les Filles du Feu
47. Defoe, Robinson Crusoe
48 Fourastié, Les conditions de l’esprit scientifique
49. Lautréamont, Les Chants de Maldoror
50. Victor Hugo, Les Misérables
51. Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles
52. Musset, Comédies et Proverbes
53. Jules Renard, Journal
54 Peter Laslett, un monde que nous avons perdu
55. Dostoievsky, L’Idiot
56. Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent
57 La Boétie, Discours de la servitude volontaire
58. Voltaire, Contes
59. Balzac, les Chouans
60. Dostoievsky, Crime et Châtiment
61. Plutarque, Vie des Hommes illustres
62 Voltaire, le Siècle de Louis XIV
63. Karl Marx, Le Capital (au moins quelques extraits bien choisis)
64. Benjamin Constant, Adolphe
65. Beaumarchais, Théâtre
66. Machiavel, le Prince
67. Elie faure, Histoire de l’art
68. Lorca, Poèmes
69. Malraux, La Condition humaine
70. La Rochefoucauld, Maximes
71. La Bruyère, Les Caractères
72. Mme de Sévigné, Lettres
73 Eco, le Nom de la Rose
74. Jarry, Ubu roi
75. Valéry, Poèmes
76 Une place pour Averroès, mais je trouve l’incohérence de l’incohérence illisible
77 Kipling, Kim
78. Mérimée, Nouvelles
79. Valéry, Variété
80. Héraclite, Fragments
81. Marivaux, Théâtre
82 Bouvier, l’usage du monde
83. Kafka, Le Procès
84. Khayyam, Quatrains
85. Apollinaire, Alcools
86. André Gide, Journal
87. Andersen, Contes
88. Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires
89 Règlement international pour prévenir les abordages en mer.
90 Freud, l’Avenir d’une illusion
91. Conrad, Lord Jim
92. Montesquieu, L’esprit des Lois
93. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
94 Déclaration universelle des droits de l’homme
95 Lobo Antunes, le Cul de judas
96 Gracq, le Rivage des Syrthes
97 Meienberg, L'exécution du traître à la patrie Ernst S
98. Gogol, Les Âmes mortes
99 Levi, Si c’est un homme
100. Bernanos, Journal d’un Curé de Campagne
alité
Comme la maladie des Rois me tient au lit, je lis. Jeremy Rifkin, entre autres. J'ai été frappé qu'il introduisit son chapitre sur les différences de politique étrangère entre les Etats-Unis et l'Europe par des considérations sur la peine de mort. Je pense à la reflexion qu'il voit juste : l'accepter d'un côté de l'Atlantique et faire de son abolition une condition sine qua non de l'adhésion à l'Union de l'autre est une divergence fondamentale dans la manière de voir le monde. Aujourd'hui pour maintenir la peine de mort après deux guerres mondiales et le reste, il faut être parfaitement cynique mais un homme peut l'être, pas un peuple. Reste une possibilité : être certain d'avoir raison et d'être dans son bon droit. Et voilà ce qui caractérise l'Amérique. Nous, la jeune "vieille" Europe nous n'avons plus depuis longtemps l'outrecuidance des certitudes.
12 janvier 2006
retraité
Je commence à avoir une idée de la fin. Je me souviens d’une réunion à Bruxelles la dernière année du précédent siècle. Un expert de la Banque mondiale évoquait sa vision de l’avenir à moyen terme dûment inspirée du film Soleil Vert. Si vous ne connaissez pas, imaginez une planète surchauffée et surpeuplée ou les Vieux choisissent de disparaître devant des images vidéo de la Terre qu’ils avaient connue au temps de leur jeunesse. Incidemment on apprend que leurs corps euthanasiés servent de nourriture aux vivants.
La démographie actuelle nous conduira vers des solutions radicales. Aujourd’hui une partie des Anciens est une manne économique. Il faut du monde pour les servir, les distraire, les faire voyager, les soigner… On appelle cela dans les documents politiques les « services à la personne ». Amusant car lorsque vous devenez une catégorie économique, on ne vous reconnaît plus tellement comme une personne mais plutôt comme un outil ou un agent. Il y un an ma mère mourrait, elle était devenue dans les derniers temps un corps à rentabiliser l’usage des scanners et autres coûteux bidules médicaux. Par chance les maisons de retraite comme les établissements hospitaliers font appel à un personnel fraîchement immigré qui ne baigne pas encore suffisamment dans notre système de « valeurs ». Ils considèrent, contre toute préoccupation rationnelle, que les Vieux sont des personnes. Commentaire de ma mère encore lucide à ce moment : « je n’aimais pas les Noirs (elle n’en avait pas connu…), eh bien j’ai appris ici que ce sont les meilleurs ».
Nous qui partons demain en retraite risquons d’être pour les générations futures un poids financier intolérable. Nous sommes nombreux, ce sont nos enfants qui paieront : ils sont rares. Il faut donc raisonnablement s’attendre à des « produits » qui garantiront l’avenir de nos enfants contre une disparition organisée, légalisée et encouragée politiquement. D’abord on changera les mots, on inventera une catégorie. On pourrait reprendre le très joli « économiquement faible » d’autrefois. On nous culpabilisera comme on le fait déjà pour la pollution, la canicule, la sécurité sociale, le chômage… On commencera par nous faire sentir notre inutilité dès lors qu’on aura « rééquilibré » nos pensions vers zéro. Nous comprendrons alors que nous sommes une charge intolérable et nous déciderons d’assurer l’avenir de nos petits enfants en sollicitant notre mort médicalisée. Il sera certainement intéressant pour les plus jeunes de prendre des parts dans les sociétés organisatrices de cérémonies.
Bonne année à tous !
La démographie actuelle nous conduira vers des solutions radicales. Aujourd’hui une partie des Anciens est une manne économique. Il faut du monde pour les servir, les distraire, les faire voyager, les soigner… On appelle cela dans les documents politiques les « services à la personne ». Amusant car lorsque vous devenez une catégorie économique, on ne vous reconnaît plus tellement comme une personne mais plutôt comme un outil ou un agent. Il y un an ma mère mourrait, elle était devenue dans les derniers temps un corps à rentabiliser l’usage des scanners et autres coûteux bidules médicaux. Par chance les maisons de retraite comme les établissements hospitaliers font appel à un personnel fraîchement immigré qui ne baigne pas encore suffisamment dans notre système de « valeurs ». Ils considèrent, contre toute préoccupation rationnelle, que les Vieux sont des personnes. Commentaire de ma mère encore lucide à ce moment : « je n’aimais pas les Noirs (elle n’en avait pas connu…), eh bien j’ai appris ici que ce sont les meilleurs ».
Nous qui partons demain en retraite risquons d’être pour les générations futures un poids financier intolérable. Nous sommes nombreux, ce sont nos enfants qui paieront : ils sont rares. Il faut donc raisonnablement s’attendre à des « produits » qui garantiront l’avenir de nos enfants contre une disparition organisée, légalisée et encouragée politiquement. D’abord on changera les mots, on inventera une catégorie. On pourrait reprendre le très joli « économiquement faible » d’autrefois. On nous culpabilisera comme on le fait déjà pour la pollution, la canicule, la sécurité sociale, le chômage… On commencera par nous faire sentir notre inutilité dès lors qu’on aura « rééquilibré » nos pensions vers zéro. Nous comprendrons alors que nous sommes une charge intolérable et nous déciderons d’assurer l’avenir de nos petits enfants en sollicitant notre mort médicalisée. Il sera certainement intéressant pour les plus jeunes de prendre des parts dans les sociétés organisatrices de cérémonies.
Bonne année à tous !
30 décembre 2005
fermé pour Travot
Discussion serrée en famille. Je désapprouvais qu’une rue des Sables, comme une place de Cholet d’ailleurs portât le nom de Travot, « pacificateur » de la Vendée. Entendre un sabre peuple, un massacreurde femmes et d'enfants. Telle autre déplora la place Robespierre de Vitry sur Seine. Je jurais de ne jamais habiter une rue Thiers. Quelqu’un déclara alors qu’il faut assumer notre passé. Soit. Mais pour quelles raisons politiques conjoncturelles a-t-on rayer de la carte les rues gatte bourse, des Lombards, ou aux Juifs, les chemin des loups et des basses garennes qui étaient notre mémoire collective? Si on ne sait pas mieux faire que de se chercher des « grands hommes » à géométrie morale variable, je suggère d’adopter les très démocratiques, 1ère , 2ème, 3 ème avenues…
08 décembre 2005
paillasse
M. Gilles de Robien, spécialiste bien connu de l’apprentissage de la lecture et accessoirement Ministre de l’Education Nationale n’a pas comme beaucoup de ses prédécesseurs, le goût de La grande réforme qui met les jeunes et leurs profs dans la rue. Modestement, il supprime la méthode globale d’apprentissage de la lecture dans le primaire. « J'ai décidé de la supprimer. Dès l'année prochaine, aucun élève ne pourra plus subir (sic) cet enseignement », c’est que dit-il «nous avons les preuves scientifiques que la méthode globale est nocive ». Lesquelles? Voilà en tout cas une réforme qui ne va pas coûter cher et qui sera facile à mettre en oeuvre : la méthode n’est plus utilisée depuis plusieurs années, elle est même interdite par les programmes, « la méthode globale ne doit pas être utilisée » y lit-on! Mais elle reste un épouvantail pour certains parents. On comprend l’esprit résolu et décidé du ministre qui a trouvé une cause à sa hauteur.
totalitaire
Tonitruant, le Nouvel Observateur annonce : enfin la vérité sur la colonisation ! Ce qui fait que cet article 4 sur la colonisation « positive » est monstrueux (nous en parlions sur ce blog dès le 26 mars 2005) ce n’est pas que MM. Bouteflika et Sarkozy pensent l’inverse et réciproquement, ni qu’un journal prétende détenir la vérité ou que des organisations noires déplorent les massacres coloniaux . C’est que la loi n’est pas faite pour dire ce qui est vrai ou faux. Tout simplement. La vérité est relative à l’histoire des sciences affirmait Poincaré. La vérité est un moment de l’histoire de la recherche et basta ! Que la loi ne s’en mêle pas ! Qu’on ne se serve pas de la loi pour nous dire ce que nous devons penser ! Sinon, nous acceptons le poison mortel du totalitarisme.
18 novembre 2005
encanaillé (suite)
Ne nous livrons pas au jeu facile des comparaisons anachroniques et pourtant. On vient de rééditer (assez mal) l’ouvrage de Louis Chevalier, Classes laborieuses, classes dangereuses, paru en 1958. Un livre phare lorsque j’étais étudiant en histoire à la Sorbonne dans les années soixante. Il décrit magistralement les pauvres du début du XIX° siècle et surtout la représentation qu’en avait la bourgeoisie de l’époque. Ils étaient, dans l’imaginaire bourgeois : grossiers, mal polis, asociaux, violents, bref dangereux. On méprisait leur langage, leurs ignorances, leurs croyances, leurs situations maritales, leur mode de vie…
Et face à cet océan d’incompréhension et de haine, face à ce pays auquel il veut appartenir et qui ne veut pas de lui, comme le dit Louis Chevalier, le pauvre adopte un comportement « qui correspond à l’opinion qu’on en a, à ce qu’on veut qu’il soit ». Finalement il se soumet « à cette universelle condamnation ».
Et face à cet océan d’incompréhension et de haine, face à ce pays auquel il veut appartenir et qui ne veut pas de lui, comme le dit Louis Chevalier, le pauvre adopte un comportement « qui correspond à l’opinion qu’on en a, à ce qu’on veut qu’il soit ». Finalement il se soumet « à cette universelle condamnation ».
16 novembre 2005
C'est la racaille, eh bien, j'en suis !
Avant-hier, le président de la République nous a fait un beau discours. Il a dit aux jeunes qu’ils étaient les enfants de la République et c’était la chose à dire depuis si longtemps. Je l’aurais cru plus sincère s’il l’avait dit plutôt ! Il a fait auparavant une lourde allusion à l’immigration clandestine, s’il y a un rapport, il me semble éminemment suspect. Enfin à la fin il a précisé que les actes devaient être en accord avec les paroles. Venant de Chirac chacun sait depuis des années à quoi sans tenir.
Hier le parlement a voté l’état d’urgence pour trois mois. Il n’y avait presque personne dans l’hémicycle, c’est dire que les députés croient au péril qui nous menace. Les godillots ont voté pour. Les socialistes ont mis du temps à se décider à voter contre. Les verts et les communistes pouvaient le faire sans état d’âme. Chacun connaît bien son électorat. Voilà où nous en sommes, un texte écrit pour se défendre de graves dangers est utilisé à des fins strictement électoralistes. On sait que ce texte qui permet de s’affranchir du respect des droits de l’homme a été très peu utilisé dans le passé. Je me sens d’ailleurs personnellement vexé, rétroactivement, que le gouvernement n’y ait pas eu recours en 1968.
Nous en sommes donc là. Un ministre de l’Intérieur qui prétend que nous sommes en guerre contre la « racaille » ; un Etat, incapable de remplir sa mission de rétablir l’ordre pendant presque trois semaines et un pays qui a peur de quelques gamins turbulents*.
Vous souvenez vous de cette chanson :
C'est l'homme à la face terreuse
Au corps maigre, à l'oeil de hibou,
Au bras de fer à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où
Toujours avec esprit vous raille
Se riant de votre mépris
C'est la racaille
Eh bien, j'en suis !
C'est l'enfant que la destinée,
Force à rejeter ses haillons
Quand sonne sa vingtième année
Pour entrer dans nos bataillons.
Chair à canons de la bataille
Toujours il succombe sans cris...
C'est la racaille
Eh bien, j'en suis !
Paroles et musique de J. Darcier et J.B. Clément (1871).
*Si j'en crois le juge du tribunal des enfants de Bobigny, ce sont des gosses non connus des services de police issus de familles "ordinaires" contrairement au portrait dressé par l'histrion du Ministère de l'Intérieur et des Cultes.
Hier le parlement a voté l’état d’urgence pour trois mois. Il n’y avait presque personne dans l’hémicycle, c’est dire que les députés croient au péril qui nous menace. Les godillots ont voté pour. Les socialistes ont mis du temps à se décider à voter contre. Les verts et les communistes pouvaient le faire sans état d’âme. Chacun connaît bien son électorat. Voilà où nous en sommes, un texte écrit pour se défendre de graves dangers est utilisé à des fins strictement électoralistes. On sait que ce texte qui permet de s’affranchir du respect des droits de l’homme a été très peu utilisé dans le passé. Je me sens d’ailleurs personnellement vexé, rétroactivement, que le gouvernement n’y ait pas eu recours en 1968.
Nous en sommes donc là. Un ministre de l’Intérieur qui prétend que nous sommes en guerre contre la « racaille » ; un Etat, incapable de remplir sa mission de rétablir l’ordre pendant presque trois semaines et un pays qui a peur de quelques gamins turbulents*.
Vous souvenez vous de cette chanson :
C'est l'homme à la face terreuse
Au corps maigre, à l'oeil de hibou,
Au bras de fer à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où
Toujours avec esprit vous raille
Se riant de votre mépris
C'est la racaille
Eh bien, j'en suis !
C'est l'enfant que la destinée,
Force à rejeter ses haillons
Quand sonne sa vingtième année
Pour entrer dans nos bataillons.
Chair à canons de la bataille
Toujours il succombe sans cris...
C'est la racaille
Eh bien, j'en suis !
Paroles et musique de J. Darcier et J.B. Clément (1871).
*Si j'en crois le juge du tribunal des enfants de Bobigny, ce sont des gosses non connus des services de police issus de familles "ordinaires" contrairement au portrait dressé par l'histrion du Ministère de l'Intérieur et des Cultes.
03 novembre 2005
accéléré
A JPMY et aux autres j’offre ces lignes de Milan Kundera : « la façon dont on raconte l’histoire contemporaine ressemble à un grand concert où l’on présenterait d’affilée les cent trente-huit opus de Beethoven mais en jouant seulement les six premières mesures de chacun d’eux. Si on refaisait le même concert dans dix ans, on ne jouerait, de chaque pièce, que la seule première note, donc cent trente-huit notes pendant tous le concert, présentées comme une seule mélodie. ».
In la Lenteur, Paris 1995, Gallimard folio, p.112
In la Lenteur, Paris 1995, Gallimard folio, p.112
01 novembre 2005
mobilisé
En novembre 2005, la ville de La Roche-sur-Yon (municipalité d'opposition) lance une "nouvelle campagne d’effarouchement des étourneaux" avec comme nouveauté la participation des habitants. Le slogan, hautement politique, que l'on lit sur les panneaux d'affichage dans toute la ville est donc "Mobilisons-nous tous !".
30 octobre 2005
provincial
Impressions d’un bref séjour en Vendée. Dans les magasins, les clientes rangent leurs petites affaires avant de fouiller leur sac pour retrouver leur petite monnaie. C’est horripilant. Mais les caissières soufflent entre chaque passage. Les conducteurs roulent parfois moins vite qu’à Paris. En général ils s’arrêtent avant les passages protégés si vous faites mine de vouloir traverser la chaussée. Cela donne une ambiance courtoise à laquelle les Parisiens doivent finir par se plier. France 3 diffuse des nouvelles locales gaies et pas seulement des meurtres. Mais curieusement on entend dire par les personnes interrogées que « les rappeurs développent de la citoyenneté grâce aux cultures urbaines » ou que les « chasseurs régulent la gestion de la ressource », un agriculteur a dit "au niveau du problème de la fête". Tous parlent comme des demandes de subventions. Attention Paris se rapproche dangereusement...
17 octobre 2005
proche
Ce matin nous avons été gâté par France Info, en effet, commentant la campagne de la sécurité routière, le journaliste annonça d'un air pénétré que "les 3/4 des accidents de la route se produisent près du domicile". C’est un vrai plaisir de vivre dans un pays où les journalistes sont intelligents.
04 octobre 2005
erroné
Dans un de mes livres de classe, il y avait une représentation d’une fleur vue par une mouche : noire et blanche, bidimensionnelle, réduite à l’essentiel. Mais ce n’était en rien la vue dégradée de la mouche, seulement l’écart avec la notre. Notre cerveau comme celui de l’insecte nous donne à voir une certaine vision utilitaire du monde. Je fus aussi toujours frappé par le fait que le monde semblait s’écrire en langage mathématique, pure création humaine. Mais quoi de plus normal dès lors que nous sommes prisonnier de notre propre cerveau. La physique n’est pas la réalité du monde mais la façon dont le pensons.
Je ne suis qu’à moitié rassuré de savoir que d’éminents physiciens réunis cette été à Konstanz partagent cette idée et expliquent ainsi que la physique quantique dans ses curiosités nous parle de notre traitement de l’information. Je vous recommande de suivre Alexei Grinbaum, ce jeune génie russe pense que la mécanique quantique est une théorie de la connaissance (cf.son CV).
Je ne suis qu’à moitié rassuré de savoir que d’éminents physiciens réunis cette été à Konstanz partagent cette idée et expliquent ainsi que la physique quantique dans ses curiosités nous parle de notre traitement de l’information. Je vous recommande de suivre Alexei Grinbaum, ce jeune génie russe pense que la mécanique quantique est une théorie de la connaissance (cf.son CV).
02 octobre 2005
charlatan
On sait désormais que les médicaments homéopathiques, au bout du compte, ne se comportent pas mieux que les placebos. C’est dans un article de The Lancet : Shang A, Huwiler-Müntener K, Nartey L, Jüni P, Dörig S, Sterne JA, Pewsner D, Egger M
Are the clinical effects of homoeopathy placebo effects? Comparative study of placebo-controlled trials of homoeopathy and allopathy
The Lancet - Vol. 366, Issue 9487, 27 August 2005, Pages 726-732
Les chercheurs ont analysé plus de 200 essais cliniques évaluant des médicaments homéopathiques effectués selon la méthode dite du « double aveugle contre placebo ». Certes la majorité des études indiquait un effet plus important du traitement que du placebo, en homéopathie comme en allopathie, d'ailleurs. Mais c'étaient les protocoles à faible effectif qui montraient les effets les plus forts. Cet effet s'affaiblissait lorsque l'effectif montait. Surtout, c'est là le point le plus important, avec l'homéopathie, les essais à fort effectif avaient un effet tendant vers zéro, alors que cet effet restait bien perceptible pour les médicaments allopathiques. Ce qui est normal puisque les médicaments homéopathiques ne contiennent pas plus de substance que le placebo ! On pourrait espérer que cela démontrera une bonne foi pour toute, l'absence d'efficacité clinique des médicaments homéopathiques. Je crains qu’il n’en soit rien, les religions ont la vie dure.
Are the clinical effects of homoeopathy placebo effects? Comparative study of placebo-controlled trials of homoeopathy and allopathy
The Lancet - Vol. 366, Issue 9487, 27 August 2005, Pages 726-732
Les chercheurs ont analysé plus de 200 essais cliniques évaluant des médicaments homéopathiques effectués selon la méthode dite du « double aveugle contre placebo ». Certes la majorité des études indiquait un effet plus important du traitement que du placebo, en homéopathie comme en allopathie, d'ailleurs. Mais c'étaient les protocoles à faible effectif qui montraient les effets les plus forts. Cet effet s'affaiblissait lorsque l'effectif montait. Surtout, c'est là le point le plus important, avec l'homéopathie, les essais à fort effectif avaient un effet tendant vers zéro, alors que cet effet restait bien perceptible pour les médicaments allopathiques. Ce qui est normal puisque les médicaments homéopathiques ne contiennent pas plus de substance que le placebo ! On pourrait espérer que cela démontrera une bonne foi pour toute, l'absence d'efficacité clinique des médicaments homéopathiques. Je crains qu’il n’en soit rien, les religions ont la vie dure.
29 septembre 2005
indemnisé
On peut reprocher au président algérien de demander par référendum aux victimes des massacres de pardonner sans demander aux assassins de s’excuser. Il semble difficile de bâtir une paix sur cette base. La France, elle, a fait mieux. François Mitterrand avait estimé en 1982 utile de rendre leur retraite aux militaires factieux qui avaient cherché à liquider la République. Chez nous : on ne pardonne pas, on excuse pas on paye.
Sait-on que la loi du 23 février 2005, connue comme scélérate pour obliger les enseignants à diffuser une vision « positive » de la colonisation contient un article 13 très intéressant ? On y lit la chose suivante.
Peuvent demander le bénéfice d'une indemnisation forfaitaire les personnes de nationalité française à la date de la publication de la présente loi ayant fait l'objet, en relation directe avec les événements d'Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d'expulsion, d'internement ou d'assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle (…).
En effet il pouvait sembler injuste que seuls les militaires soient bien traités. Les pauvres civils qui avaient dû prendre le chemin de la clandestinité pour aller, au nom de l’OAS « casser du bougnoule » se verront ainsi indemnisés. Finalement dans tous les cas les victimes ont toujours tort de mourir. Il n’y aura pas de pension pour leurs veuves. Ce qui importe c’est d’être un guerrier, un vrai, légitime ou non vous serez récompensé.
Sait-on que la loi du 23 février 2005, connue comme scélérate pour obliger les enseignants à diffuser une vision « positive » de la colonisation contient un article 13 très intéressant ? On y lit la chose suivante.
Peuvent demander le bénéfice d'une indemnisation forfaitaire les personnes de nationalité française à la date de la publication de la présente loi ayant fait l'objet, en relation directe avec les événements d'Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d'expulsion, d'internement ou d'assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle (…).
En effet il pouvait sembler injuste que seuls les militaires soient bien traités. Les pauvres civils qui avaient dû prendre le chemin de la clandestinité pour aller, au nom de l’OAS « casser du bougnoule » se verront ainsi indemnisés. Finalement dans tous les cas les victimes ont toujours tort de mourir. Il n’y aura pas de pension pour leurs veuves. Ce qui importe c’est d’être un guerrier, un vrai, légitime ou non vous serez récompensé.
28 septembre 2005
violeur
Au temps de Louis XIV on racontait aux jeunes filles des histoires à la veillée. Le grand méchant loup était là pour leur rappeler l’existence du violeur tapis au coin du bois. Depuis les contes ont été édulcorés et l’on aimerait espérer un moyen moderne de faire disparaître les violeurs. M. Clément, ministre de la justice français le sait bien. Son appel démagogique d’hier joue sur une corde sensible.
Mais son propos le conduit à se comporter lui-même en violeur d’un principe fondamental. Il le sait et n’hésite pas à jouer cyniquement les maîtres chanteurs :
"Il y a un risque d'inconstitutionnalité. Les événements récents vont me pousser à le prendre et tous les parlementaires pourront le courir avec moi. Il suffira pour eux de ne pas saisir le Conseil constitutionnel et ceux qui le saisiront prendront sans doute la responsabilité politique et humaine d'empêcher la nouvelle loi de s'appliquer au stock de détenus", a-t-il dit.
Au temps de Louis XIV, on risquait d’être violé(e) au coin du bois mais on risquait tout aussi bien de se voir jeter en prison pour une infraction commise de bonne foi car il n’y avait pas de loi pour l’interdire. C’est pour cela qu’en 1989 on inscrivit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen un principe absolu :
Article 8 – (…) nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
Il s’agissait d’en finir avec l’arbitraire et ce principe a été depuis adopté par toute les nations « civilisées ».
L’Europe l’a inscrit en toute lettre :
Art. 7 - Non-rétrocativité de la loi pénale - Légalité criminelle
Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui, au moment où elle a été commise, ne constituait pas une infraction d'après le droit national ou international. De même il n'est infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'infraction a été commise.
Il y a des moyens de se prendre aux violeurs récidivistes sans jouer les apprentis sorciers, sans écorner l’un des fondements même de nos libertés.
Mais son propos le conduit à se comporter lui-même en violeur d’un principe fondamental. Il le sait et n’hésite pas à jouer cyniquement les maîtres chanteurs :
"Il y a un risque d'inconstitutionnalité. Les événements récents vont me pousser à le prendre et tous les parlementaires pourront le courir avec moi. Il suffira pour eux de ne pas saisir le Conseil constitutionnel et ceux qui le saisiront prendront sans doute la responsabilité politique et humaine d'empêcher la nouvelle loi de s'appliquer au stock de détenus", a-t-il dit.
Au temps de Louis XIV, on risquait d’être violé(e) au coin du bois mais on risquait tout aussi bien de se voir jeter en prison pour une infraction commise de bonne foi car il n’y avait pas de loi pour l’interdire. C’est pour cela qu’en 1989 on inscrivit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen un principe absolu :
Article 8 – (…) nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
Il s’agissait d’en finir avec l’arbitraire et ce principe a été depuis adopté par toute les nations « civilisées ».
L’Europe l’a inscrit en toute lettre :
Art. 7 - Non-rétrocativité de la loi pénale - Légalité criminelle
Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui, au moment où elle a été commise, ne constituait pas une infraction d'après le droit national ou international. De même il n'est infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'infraction a été commise.
Il y a des moyens de se prendre aux violeurs récidivistes sans jouer les apprentis sorciers, sans écorner l’un des fondements même de nos libertés.
16 septembre 2005
criminel
Des enfants sont morts à Paris cet été dans l’incendie de leurs maisons. Selon le président de la Ligue des droits de l’homme, aucun homme politique ne s’est rendu à leur enterrement. La réponse est venue du Ministre de l’Intérieur : on expulse les squats. La ville n’entend pas les reloger car elle ne veut pas « cautionner les coups médiatiques de M. Sarkozy ». Ils sont donc à la rue. On arrête des parents sur leur lieu de travail, comme des criminels. Depuis la rentrée scolaire, on arrête des enfants dans leur classe, on les conduits au commissariat comme des otages pour piéger les parents. Ceux-ci sont alors arrêtés. On passe les menottes aux personnes arrêtées. Comme des criminels.
En France, dans nos villes, nos entreprises, des hommes, des femmes, des enfants vivent sans droits, sans protection, dans la peur et la suspicion. Traités comme des criminels. Les droits les plus élémentaires leur sont refusés. Dans l’indifférence quasi générale.
En France, dans nos villes, nos entreprises, des hommes, des femmes, des enfants vivent sans droits, sans protection, dans la peur et la suspicion. Traités comme des criminels. Les droits les plus élémentaires leur sont refusés. Dans l’indifférence quasi générale.
06 septembre 2005
quotidien
Nous avons toujours le sentiment d’une grande liberté personnelle. Pourtant pour l’historien qui peut regarder au fil des siècles, notre vie quotidienne échappe de moins en moins aux pouvoirs publics et à toutes sortes de contrôle. Au XIX° siècle on ne connaissait guère que l’état-civil, l’école et l’armée. Avant moins encore. Aujourd’hui nous sommes cernés. Même notre vie physiologique est contrainte par les institutions. La vaste organisation aux mailles de plus en plus serrées dans laquelle nous nous mouvons essaye de colmater toutes les brèches et y réussit admirablement bien. Il faudrait vivre au fond de la forêt de Nouvelle Guinée pour retrouver l’impression de la liberté et de la responsabilité de soi. C’est en ce sens que je dis que notre vie quotidienne n’échappe pas aux pouvoirs publics. Et tout d’un coup je m’interroge : en quoi le pouvoir peut-il être public ?
Et encore comment la vie pourrait-elle être autre que quotidienne ? En connaissez-vous d’autre ou est-ce que même les mots sont pris dans les chaînes du pouvoir ? Ou est-ce par les mots que cette dictature s’exerce ?
Et encore comment la vie pourrait-elle être autre que quotidienne ? En connaissez-vous d’autre ou est-ce que même les mots sont pris dans les chaînes du pouvoir ? Ou est-ce par les mots que cette dictature s’exerce ?
21 août 2005
obscène
Certaines ligues bien pensantes s’offusquent des nudités qui ornent les murs de nos villes ; mais enfin ce sont des corps jeunes et en bonne santé, souvent beaux à voir. Pas de quoi fouetter un chat. Aucune obscénité là dedans.
En revanche personne ne semble s’indigner du contenu des « informations » radio et télédiffusées de ces derniers jours. Un avion est tombé dans un marécage d’Amérique latine et les victimes étaient en majorité françaises. Evidemment les corps sont en bouillie. Voilà ce qu’on sait. Il n’y a guère d’autres informations disponibles sur le sujet. Ce qui n’empêche pas de redire en boucle sur radio France Infobrute que les proches ne pourront pas identifier les corps. Cela n’empêche pas la Télévision d’Etat ou privée d’interroger avec gourmandise chaque midi et chaque soir un clown de service (« envoyé spécial ») filmé devant le marécage et les débris, on l’entend répondre systématiquement que les proches ne pourront voir ce qu’il nous montre ou plutôt nous laisse entrevoir ! On finirait par se lasser si par chance quelques proches ne s’étaient étalés avec plaisir pour exprimer leur douleur devant les caméras et nous dire tout ce que leur inspire le fait qu’il ne reste que des morceaux épars des êtres chers, voir des collègues de travail ! Impossible d’ignorer désormais ce scoop : lors d’un accident d’avion il ne reste que peu de morceaux identifiables. On ne vous montrera rien mais on vous suggère avec insistance d’imaginer. Oser dire que c’est de l’information me donne envie de vomir. Qui nous dira pourquoi cet acharnement ? Pourquoi ne pas laisser les morts tranquilles là où ils sont tombés ? Pourquoi tant d’immonde obscénité ?
En revanche personne ne semble s’indigner du contenu des « informations » radio et télédiffusées de ces derniers jours. Un avion est tombé dans un marécage d’Amérique latine et les victimes étaient en majorité françaises. Evidemment les corps sont en bouillie. Voilà ce qu’on sait. Il n’y a guère d’autres informations disponibles sur le sujet. Ce qui n’empêche pas de redire en boucle sur radio France Infobrute que les proches ne pourront pas identifier les corps. Cela n’empêche pas la Télévision d’Etat ou privée d’interroger avec gourmandise chaque midi et chaque soir un clown de service (« envoyé spécial ») filmé devant le marécage et les débris, on l’entend répondre systématiquement que les proches ne pourront voir ce qu’il nous montre ou plutôt nous laisse entrevoir ! On finirait par se lasser si par chance quelques proches ne s’étaient étalés avec plaisir pour exprimer leur douleur devant les caméras et nous dire tout ce que leur inspire le fait qu’il ne reste que des morceaux épars des êtres chers, voir des collègues de travail ! Impossible d’ignorer désormais ce scoop : lors d’un accident d’avion il ne reste que peu de morceaux identifiables. On ne vous montrera rien mais on vous suggère avec insistance d’imaginer. Oser dire que c’est de l’information me donne envie de vomir. Qui nous dira pourquoi cet acharnement ? Pourquoi ne pas laisser les morts tranquilles là où ils sont tombés ? Pourquoi tant d’immonde obscénité ?
11 juillet 2005
professionnel
Je n’aime pas le mot professionnel. Comme le dit mon ami Alain H., cela fait penser aux tueurs et parce que les choses, il faut les faire, un point c’est tout.
Lorsque nous répétons mécaniquement à nos apprentis, nos étudiants, qu’ils doivent se comporter en « professionnels » ou pis en « adultes » alors qu’ils ont passés vingt ans, ce propos ne peut sonner à leurs oreilles que comme une réprimande. Ce qui revient à deux possibilités : soit il n’est pas drôle d’être adulte et professionnel, soit on leur fait savoir qu’en réalité ils ne le sont pas. Au fond c’est plutôt cela : l’autorité en leur disant « vous êtes des adultes et des professionnels », leur dit exactement le contraire. Ils n’en sont pas dupes. Considérés ainsi comme des potaches sous cette double contrainte, ils se comportent en potaches…
Lorsque nous répétons mécaniquement à nos apprentis, nos étudiants, qu’ils doivent se comporter en « professionnels » ou pis en « adultes » alors qu’ils ont passés vingt ans, ce propos ne peut sonner à leurs oreilles que comme une réprimande. Ce qui revient à deux possibilités : soit il n’est pas drôle d’être adulte et professionnel, soit on leur fait savoir qu’en réalité ils ne le sont pas. Au fond c’est plutôt cela : l’autorité en leur disant « vous êtes des adultes et des professionnels », leur dit exactement le contraire. Ils n’en sont pas dupes. Considérés ainsi comme des potaches sous cette double contrainte, ils se comportent en potaches…
08 juillet 2005
anglais
Dans la même situation, face aux attentats, la presse française aurait titré sur l'horreur ou les victimes. Ce matin celle de Londres s'en prenait aux salopards pour leur dire que la Grande Bretagne ne céderait pas. Pour le reste le peuple « carry on as normal ».
Avant hier c’était le choix des JO, on ne nous a pas dit que Londres était devant Paris à chaque tour de scrutin. Leur présentation était différente : nous proclamions notre puissance (en disant qu’il faut être modeste…), il montrait ce qu’ils allaient faire et comment.
Quelques jours avant, Blair disait qu’il fallait consacrer plus d’argent de l’Europe à l’avenir et on nous parlait de son égoïsme. Chirac lui défendait l’agriculture.
La presse française parle des jeunes qui vont travailler à Londres en critiquant le fait qu’ils ne se soucient pas de leur retraite et qu’ils occupent des emplois dit précaires. Mais j’en connais plusieurs. Ils ne reviendront pas
Nous avons voté non au referendum. Ils ne voteront pas mais ils prennent le leadership de l’Europe.
On nous dit qu’ils se comportent comment en 1940. Mais déjà nous avions fait tout autre chose.
Notre erreur doit remonter à loin.
Avant hier c’était le choix des JO, on ne nous a pas dit que Londres était devant Paris à chaque tour de scrutin. Leur présentation était différente : nous proclamions notre puissance (en disant qu’il faut être modeste…), il montrait ce qu’ils allaient faire et comment.
Quelques jours avant, Blair disait qu’il fallait consacrer plus d’argent de l’Europe à l’avenir et on nous parlait de son égoïsme. Chirac lui défendait l’agriculture.
La presse française parle des jeunes qui vont travailler à Londres en critiquant le fait qu’ils ne se soucient pas de leur retraite et qu’ils occupent des emplois dit précaires. Mais j’en connais plusieurs. Ils ne reviendront pas
Nous avons voté non au referendum. Ils ne voteront pas mais ils prennent le leadership de l’Europe.
On nous dit qu’ils se comportent comment en 1940. Mais déjà nous avions fait tout autre chose.
Notre erreur doit remonter à loin.
04 juillet 2005
jeunes
A Sarah, reçue à l'IUFM de Paris comme à Sophie qui a eu plus de quinze de moyenne au bac, cette citation de Krishnamurti :
"Range le livre, la description, la tradition, l'autorité, et prend la route pour découvrir toi-même"
"Range le livre, la description, la tradition, l'autorité, et prend la route pour découvrir toi-même"
22 juin 2005
fainéant
Le texte de la Constitution européenne a semblé vague à certains concernant la protection sociale. La raison en était simple les pays qui disposent d’un système performant, les Suédois par exemple, ne souhaitaient pas se voir imposer un modèle « au rabais comme les Français ». Ceci n’empêche pas nos ministres, anciens comme nouveaux, de le présenter comme trop onéreux et surprotecteur. En répétant à l’envi qu’il faut « travailler plus », ils sous entendent beaucoup de choses. Par exemple que les paresseux sont protégés. Ils ont raison de le dire car les Français adorent entendre ce genre de choses. C’est à la fois culpabilisant à souhait mais surtout à propos des autres : tous ces feignants parasites qu’on engraisse avec l’argent du contribuable ! D’ailleurs le Maréchal Pétain, nous l’avait déjà dit : il faut redonner à la France le goût du travail. Vive le Maréchal, vive Chirac, vive la France !
19 juin 2005
conformiste
Près de Londres, j’ai, patiemment, écouté nos apprentis exprimer leur vision de leur propre avenir : professionnel et personnel. Leurs envies, leurs dégoûts et leurs amours. Point d’idéologie, ni même de politique. Aucun désir de changer le monde si peu que ce soit. De désir de le parcourir : guère. Sauf en touriste. Aller travailler à l’étranger ? Très peu. On gagnera de l’argent, le plus possible, mais en France.
Une petite maison dans la prairie, ah oui ! Une compagne devenue épouse, deux enfants, un chien, la campagne. Une belle voiture devant la porte : on précisera toujours la marque et le modèle.
Je les ai trouvé inquiétants de conformisme.
Si loin de ma génération qui refusait autant la famille que le travail, qui voulait soit la révolution, soit la route. Et dans tout les cas en finir avec le vieux monde.
Mais à la réflexion, il y a ceux qui viennent de loin et qui ont remonté à la force du poignet les barreaux de l’échelle sociale. On comprendra qu’ils veulent se poser. Quant aux autres, on voudra bien considérer avec bienveillance, leur caractère profondément pacifique.
On souhaiterait juste un zeste d’amour de l’inconnu, un soupçon de parfum d’aventure.
Une petite maison dans la prairie, ah oui ! Une compagne devenue épouse, deux enfants, un chien, la campagne. Une belle voiture devant la porte : on précisera toujours la marque et le modèle.
Je les ai trouvé inquiétants de conformisme.
Si loin de ma génération qui refusait autant la famille que le travail, qui voulait soit la révolution, soit la route. Et dans tout les cas en finir avec le vieux monde.
Mais à la réflexion, il y a ceux qui viennent de loin et qui ont remonté à la force du poignet les barreaux de l’échelle sociale. On comprendra qu’ils veulent se poser. Quant aux autres, on voudra bien considérer avec bienveillance, leur caractère profondément pacifique.
On souhaiterait juste un zeste d’amour de l’inconnu, un soupçon de parfum d’aventure.
09 juin 2005
élitiste
Me voici flatté d'avoir voté oui, il paraît que cela me range dans l'élite. Sociologisme simpliste qui voudrait que le "peuple" ait rejeté les élites qui le trompent. Cette fois la dichotomie proposée par J.M. Le Pen, relayé au passage par J.P. Raffarin, gros malin et malhabile démagogue, est reprise comme une évidence scientifique par les journalistes. Comme c'est commode, comme cela dispense de penser ! Car enfin ceux qui ont décidé que la légitimité de leur pouvoir n'était pas en cause, ne vont pas se comporter comme si le "non" n'existait qu'en tant qu'accident. Accident sans importance expliquable par les sciences humaines en fonction des bons vieux schémas éculés.
01 juin 2005
démocratique
En France,la démocratie est passée de mode sans grande protestation populaire. Nous sommes même très en avance sur nos voisins européens qui semblent restés attachés à ces vieilleries. Nous avons compris depuis longtemps que le pays devait être gouverné comme une entreprise, c’est-à-dire avec un chèque en blanc au dirigeant et sans avoir à rendre de comptes sauf aux actionnaires s’il y en a. Le peuple dans l’entreprise n’a pas à discuter ni même à exister en tant que peuple. De même dans l’ « entreprise France », Jacques Chirac, manager fatigué, décide, devient irresponsable face à la Loi, met son poids dans la balance à toute occasion et… ne tient aucun compte des résultats électoraux. Bafoué par le suffrage aux élections régionales, il n’en tire aucune conséquence. Pour le referendum sur la constitution européenne, il annonce avant le vote qu’il n’en tirera aucune conclusion ! A noter d’ailleurs que le « peuple » vote "non" systématiquement depuis 1981 sur l'air de "sortez les sortants". Dimanche il a refusé plus de politique et plus de démocratie en Europe. Pourquoi se gêner ! Entre-temps on n’a pas vu le président se soucier de la « représentation » populaire, même si elle lui est acquise. Les godillots non plus n’ont aucun intérêt. Hier, comble, il annonce qui sera premier ministre mais le fait uniquement à la télévision, et ne craint pas de préciser un nom de ministre imposé au premier ministre. Ce ministre d'ailleurs se trouve être le chef du parti dominant, situation impraticable aux dires de Jacques Chirac il y a peu. Où sont les institutions dans tout cela ? Nous avons perdu la démocratie depuis longtemps. Maintenant nous sommes en route pour le degré zéro de la vie politique.
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